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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 14:59

Je signale cette intervention à venir

 

« Democratie en Chantier, quelle voix pour le peuple ? »

 

Conférence-débat à La Terrasse

Jeudi 2 octobre 2014, 20h30, Salle communale

http://www.mairie-laterrasse.fr/

 

L’occasion de la mise en place d’un conseil citoyen à La Terrasse suscite une émotion légitime car elle rouvre une série de questions d’une importance considérable. Comment concevoir l’apport aux affaires de la commune de l’avis de personnes tirées au sort ? Quelles compétences leur accorder sans perturber le travail des élus qui assument la responsabilité de la décision collective ? Comment le choix des membres du conseil par le hasard pourrait-il compenser le défaut de légitimité de conseiller non distingués par l’élection ? Est-ce qu’un des effets induits ne consiste pas en une « banalisation » de la chose publique ? Voilà quelques questions inquiétantes.

Mais il y en a de plus fondamentales. L’idée d’un conseil citoyen se heurte à l’ambiguïté de la tradition politique française. En effet, celle-ci à la fois reconnaît à « la voix du peuple » certaines prérogatives particulières (dans le référendum ou le plébiscite), et lui dénie globalement les compétences qu’elle accorde aux élus, dans un système représentatif dont apparaissent aujourd’hui certaines limites criantes. De plus, notre tradition intellectuelle est elle-même équivoque : on pourrait dire que l’influence de Rousseau et de son concept de volonté générale est forte, mais qu’elle s’exprime dans un système hostile aux thèses du Genevois (qui honnissait le système représentatif).

Les hésitations face au projet d’un conseil citoyen recouvrent donc de véritables résistances, qui mêlent les insatisfactions face à la politique et les verrous produits par notre héritage. Mais si le projet est intéressant, c’est qu’il repose sur une véritable innovation sociale et politique. A l’encontre à la fois d’un système représentatif verrouillé et d’une conception substantialiste de la volonté générale, il peut permettre d’impliquer les singularités dans le processus de construction de l’action collective. Dans cette expérimentation, comment concevoir la compétence du citoyen-conseiller ? Comment estimer son meilleur degré possible d’implication dans la vie publique ?

Peut-être que cette nouvelle « voix du peuple » peut réussir à dire quelque chose qui ne peut pas être dit, car notre système politique se trouve constamment sous la contrainte des faits et le nez sur le présent. Être ambitieux pour le conseil citoyen ne serait-ce pas, par exemple, demander aux conseillers – c’est-à-dire aux citoyens ordinaires – de renouveler la vision collective ? N’est-ce pas un moyen pour que les citoyens soient l’avenir de la cité, en leur permettant d’imaginer les options collectives de demain ?

Nous examinerons l’hypothèse que la compétence des conseillers réside dans une fonction qui n’existe pas encore, et qu’on pourrait nommer, dans une autre langue que le vocabulaire politique traditionnel, le « codesign des espérances collectives ».

 

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Thierry Ménissier - dans Evénements
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commentaires

ouverture de porte paris 16 13/10/2014 23:20

Je vous complimente pour votre paragraphe. c'est un vrai charge d'écriture. Continuez