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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 14:32

Je signale cette intervention à venir :

 

Salon philosophique

« Que faire du hasard, aujourd’hui ? »

Chez Philippe et Martine GEORGES

452 route de Saint PANCRASSE

38330 Saint NAZAIRE LES EYMES.

samedi 25 octobre 2014

19 h – 22 h 30

 

« Hasard donne les pensées, hasard les ôte ;

point d'art pour les conserver ni pour les acquérir. »

(Pascal, Pensée 370).

 

« Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut. »

(Diderot, Jacques le fataliste et son maître, incipit).

 

 

Ce qui est sans intention, ni cause, ni ordre, ni raison, tel apparaît ce qui relève du hasard. Mais…cela existe-t-il ? Il est très difficile d’affirmer l’existence du hasard. Dans l’ordre naturel, seul le miracle (réalité…pour le moins controversée !) apparaît sans cause ni ordre, et serait capable de contrevenir aux lois de la physique. Or, face un événement apparemment inexplicable, il  y a toujours le soupçon que le mystère s’appuie sur les limites de la compréhension humaine. Enfin, dans une rencontre apparemment hasardeuse entre des personnes, il existe toujours une probabilité que la circonstance favorable se produise.

Et pourtant il se produit de temps en temps des événements fortuits, en tout cas ils nous apparaissent comme tels, tellement pleins de sens qu’ils relancent le questionnement.

Quoiqu’il en soit, une longue tradition a condamné le hasard : les religions monothéistes, la science et la philosophie modernes s’étaient en quelque sorte liguées dans le but de le conjurer. Selon les premières, les voies de Dieu, certes impénétrables pour l’humain, sont considérées comme orientées par une intention souveraine, et la création, œuvre divine, obéit à un ordre complexe mais précis. Le christianisme a même essayé de montrer que le mal n’était pas sans cause : ni hasardeux, ni absurde, mais imputable à un mauvais usage de la liberté humaine. Science et philosophie ont en quelque sorte renchéri : tout se passe comme si, dans le cadre du rationalisme moderne, la reconnaissance du hasard avait un prix trop élevé, car cela reviendrait à admettre que quelque chose puisse exister en violation du (quasi sacro-saint) principe de raison.

Aujourd’hui les choses ont changé, et cela sous plusieurs points de vue. En voici trois : premièrement, sous l’effet des théories scientifiques du début du XXème siècle, le rôle du hasard semble reconnu dans la mesure où il est admis que l’aléa peut jouer un rôle décisif dans l’émergence ou dans les métamorphoses de la matière. Deuxièmement, dans le champ des recherches innovantes, l’hypothèse de la « sérendipité » (ou fortuitude) a familiarisé l’idée que les grandes découvertes ou les inventions majeures pouvaient être le fait de surprises, où l’on découvre subitement…quelque chose qu’on ne cherchait pas. Enfin, tout se passe, dans la vie courante, comme si on aspirait au hasard par désir d’être surpris. Cette curieuse aspiration au hasard s’est installée via les nouvelles socialités, qu’elles concernent les sites de rencontres ou les réseaux numériques. Elle semble même relever d’une toute nouvelle religion, dans laquelle on espère le hasard – idée typique du libertinage – afin de maximiser sa liberté et sa jouissance.

 

Ce quatrième salon philosophique est l’occasion de s’interroger sur ce curieux renversement qui a donné au hasard un rôle dans notre existence, en se demandant si elle relève d’une défaite de la pensée, ou d’un avatar du modernisme. Et comme le plaisir de s’exposer aux risques du hasard est réel, on le goûtera en s'attachant aux dimensions pédagogique et esthétique, en la compagnie notamment de Montaigne, de Machiavel, de Pascal, de Diderot, de Darwin et de Nietzsche.

 

Contact et renseignements : martine-georges@wanadoo.fr

Salon philosophique  : que faire du hasard aujourd'hui ?

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Thierry Ménissier - dans Evénements
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commentaires

Opdecamp 28/10/2014 10:03

En sciences, "L'hypothèse déterministe et mécaniste s'est affaiblie avec les observations sur le comportement des systèmes complexes: mise en évidence des structures dissipatives (Ilya Prigogine) des systèmes thermodynamiques ouverts à l'écart de l'équilibre et du chaos "déterministe" en dynamique non linéaire ce qui les rend imprévisibles. Un coup plus fort lui a sans doute aussi été porté par la découverte de la spontanéité des particules quantiques."

Une citation aussi de Paul Eluard: "Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous."

Tony Reix 20/10/2014 18:25

Le hasard n'est que le mot pour traduire notre incapacité (définitive) à comprendre les causes.
Les sciences physiques ne sont qu'une approximation de la réalité.
1) Il nous sera à jamais impossible de connaître EXACTEMENT toutes les caractéristiques de chacun des atomes (ou de leurs sous-composants).
2) Les "lois" physiques ne sont qu'une approximation de phénomène qui nous seront à jamais inconnaissables parfaitement.
Donc : impossible de connaître parfaitement la position et la répartition exactes des atomes des boules de loto ou des planètes, et lois réelles de la gravité hors de notre portée (à part des calculs grossiers, que ce soit par les formules de Newton ou d'Einstein).
Le "sacro-saint principe de raison" n'est qu'une imbécilité. Descartes a dit de grosses conneries. Tous les philosophes que vous indiquez ont été pollués par la pensée judéo-chrétienne et datent grandement. Comme il nous est impossible de dépolluer leurs textes, il faudrait mettre à la poubelle toute la philosophie passée et tout reconstruire à l'aune de nos connaissances actuelles. Et recommencer tout les 10 ans ; car, même si nos connaissances n'atteindront jamais qu'une part infime de la réalité des choses, elles croissent exponentiellement.
Après des siècles d'obscurantisme du aux religions, surtout à cause des religions monothéistes, il est inutile de fouiller de nouveau la merde des idées débiles générées par la croyance que le Ciel (lieu divin) est parfait et que la Terre n'est que bordel. Les religions sont mortes. En parler encore ne sert que trop les fous qui, encore, croient en quelque chose afin de détourner leurs pensées de notre mort certaines et définitives. La mort est au centre. Seule certitude dans nos vies : mourir et n'être plus.
À l'aune de nos connaissances actuelles sur le fonctionnement de notre cerveau, la citation de Pascal au début de votre article est fausse. Par exemple, un regard rapide sur un paysage urbain ne nous permet pas de prendre conscience des textes écrits. Mais des processus inconscients de notre cerveau sont à l'oeuvre pour lire et déchiffrer les textes. Et ces mots peuvent, sans que nous en ayons conscience influer sur nos pensées suivantes. La publicité utilise ces principes.
Le hasard n'existe pas. Mais notre perception du monde restera à jamais imparfaite.
Quand au sens que vous donnez au hasard pour les rencontres grâce aux sites et aux réseaux sociaux, il ne s'agit que de complexification des causes, permettant d'augmenter la variabilité du réel, bref de faire émerger des choses qui n'existeraient pas si l'on restait enfermé chez soi à attendre qu'on vienne frapper à notre porte.
Bonne soirée