« La réalité-humaine ne saurait se recevoir ses fins, nous l’avons vu, ni du
dehors, ni d’une prétendue « nature » intérieure. Elle les choisit et, par ce choix même, leur confère une existence transcendante comme la limite externe de ses projets. De ce point de
vue […] la réalité-humaine, dans et par son surgissement même, décide de définir son être propre par ses fins. C’est donc la position de mes fins ultimes qui caractérise mon être et qui
s’identifie au jaillissement originel de la liberté qui est mienne. Et ce jaillissement est une existence, il n’a rien d’une essence ou d’une
propriété d’un être qui serait engendré conjointement à une idée. Ainsi la liberté, étant assimilable à mon existence, est fondement des fins que je tenterai d’atteindre, soit par la volonté,
soit par des efforts passionnels. »
Jean-Paul Sartre, L’Être et le néant. Essai d’ontologie phénoménologique [1943],
IVème partie : « Avoir, faire et être », chapitre 1, § 1,
Paris, Gallimard, « Tel », 1979, p. 498.
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