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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 07:43

 

 

Ce soir, je suis invité au cinéma Le Capitole d’Uzès à intervenir sur le film Hannah Arendt de Margarethe von Trotta

http://www.cinemalecapitole-uzes.com/index.php

Le film de Margarethe von Trotta n’est pas exactement un biopic sur la philosophe germano-états-unienne, il s’agit plutôt de concentrer l’attention du spectateur sur une controverse et sur ses enjeux moraux et politiques (puisque le film retrace la manière dont Arendt a élaboré ses hypothèses relativement à la culpabilité d’Adolphe Eichmann et à la « banalité du mal » alors qu’elle couvrait le procès à Jérusalem pour le magazine New Yorker).

Si par d’autres aspects, il s’approche du biopic, c’est que le fim de von Trotta met en scène la personnalité d’Arendt, d’abord dans son milieu social (le cercle des amis intellectuels allemands, américains et israéliens, ses relations avec Heidegger), ensuite, lorsque la controverse fait rage, face aux médias, aux étudiants et aux responsables de l’Université.

Certes, ce n’est pas la première fois qu’un cinéaste de talent entreprend le difficile exercice de filmer « un philosophe à l’œuvre ». On peut citer le Descartes de Roberto Rosselini sorti en 1974 (http://www.imdb.com/title/tt0161382/), et plus récemment le Spinoza, Apostle of Reason écrit par Tariq Ali et réalisé par Christopher Spencer de 2011 (http://www.youtube.com/watch?v=4zbDGDdoq-o), voire le Lattuada sur Machiavel, La Mandragore de 1965 (http://www.youtube.com/watch?v=eopDcaRCPm8).

Mais la tentative qui se rapproche le plus de celle de von Trotta est probablement Agora, le film d'Alejandro Amenabar de 2010 sur le destin d’Hypatie à Alexandrie (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=134194.html) : il s’agit de filmer le courage d’une femme philosophe face aux préjugés et à la violence.

Peut-on restituer le style philosophique si puissant d’Arendt dans la seule controverse à propos d’Eichmann ?

La focale n’est-elle pas trop étroite pour que cette « déclaration d’amour » au personnage et à la personne d’Hannah Arendt soit réellement aboutie ?

Pourquoi – particulièrement concernant Arendt – s’avère-t-il philosophiquement très important de filmer et de dramatiser cette controverse ?

Sur le fond, les thèses d’Arendt trahissent-elles de la part de leur auteure (ce qui n’est pas peu de choses quand on traite d’Eichmann) un excès…ou une absence d’émotion ?

Peut-on faire l’hypothèse qu’il un lien mystérieux, comme semble le suggérer le film de par son écriture même, entre l’attitude d’Arendt envers Eichmann et sa relation avec Heidegger ?

Ce sont les questions que j’examinerai ce soir…

 

En complément, quelques réactions à propos du film, de collègues philosophes et de journalistes

Barbara Cassin :

http://next.liberation.fr/cinema/2013/04/23/ce-qui-choque-c-est-le-mal-sans-motif_898402

Simone Manon :

http://www.philolog.fr/le-mal-radical-kant-arendt-a-propos-du-film-hannah-arendt-de-m-von-trotta/

(Il est également nécessaire de faire une place, sur le fond, aux travaux remarquables d’Isabelle Delpla, par exemple ici :

http://www.raison-publique.fr/article426.html)

Jean-Michel Frodon :

http://www.slate.fr/story/71481/hannah-arendt-margarethe-von-trotta

Pierre Haski :

http://www.rue89.com/rue89-culture/2013/04/24/avant-daller-voir-film-hannah-arendt-lisez-241752

Olivier Grinnaert

http://www.lepasseurcritique.com/critique-film/hannah-arendt.html

Eugénie Bastié

http://www.causeur.fr/hannah-arendt-eichmann,22332#

Intervention sur le film Hannah Arendt
Intervention sur le film Hannah Arendt

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Thierry Ménissier - dans Evénements
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commentaires

tonsils and adenoids removed in children 31/03/2014 13:16

Thanks for your marvelous posting!You have reviewed the film for all its pros and cons.It had a great theme to it. I actually enjoyed reading it, you will be a great author

paniss 26/05/2013 09:14

je ne suis ni de près ni de loin un philosophe; mais je suis un lecteur de HA; pas ses textes sur la philo, un peu complexes pour mon - modeste - savoir; mais j'ai lu et relu ceux consacrés aux totalitarismes et bien sûr, ce qui est un peu plus qu'un reportage, ce texte rrelatif au procès d'Eichmann. J'ai vu le film, bien sûr, et je l'ai apprécié; et je me retrouve dans le très fugace commentaire que vous avez fait vendredi dernier au musée de Grenoble.
Ce film, sans doute involontairement, a aussi une vocation de vilgarisation; certes, il faut connaitre quand même un peu HA et ce qu'elle a écrit, mais il me semble qu'il peut inciter des gens à aller un peu plus loin dans leur connaissance de cette femme exceptionnelle.
Je n'ai pas lu son ouvrage, objet de votre conférence vendredi dernier, mais je vais m'y plonger, même si toutes les références que vous avez citées et qu'évoquent HA me sont quasiment inconnues, en tout cas dans leurs détails.
J'ai eu connaissance de vos conférences par l'intermédiaire de Gilbert que je connais par ailleurs.
Je serai présent le 14 juin.
cordialement
claude bachelier