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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 13:02

Je voudrais signaler cet article très documenté et fort intéressant de Jean-Clément Martin sur LVDI (site une nouvelle fois excellent). Pourtant je ne partage pas du tout l'enthousiasme de l'auteur pour 1792 ("La révolution, la vraie, celle qui change les consciences mondiales est celle de 1792, quand la violence rompt tous les arrangements, invente une république qui ne doit rien ni à Sparte ni à Rome et que la survie du régime passe par sa propagation au moins au reste de l’Europe" - pour ma part, tout en étant bien conscient de la place de la violence dans l'histoire, je pense qu'elle n'a pas nécessairement de fonction, et suis de ce fait rétif à toute justification a posteriori de la violence physique et idéologique). Mon opposition à cet intéressant article est de ce fait philosophique : l'auteur opte avec une belle cohérence pour une téléologie implicite, mais au fond injustifiable autrement que par des options personnelles (et grand bien lui fasse !), ce qui le pousse à admettre qu'il existe pour l'homme des seuils de conscience historique dont le temps de la politique offre le cadre. On peut (et c'est ce que je choisis pour ma part), admettre le rôle de la violence et la fonction politique des crises sans pour autant accepter cette nouvelle version de la dialectique. Par conséquent, Machiavel et Vico (deux auteurs qui s'y entendaient également en violence et en rupture historique) plutôt que Hegel et Marx - et il y a sans doute encore d'autres manières politiques et philosophiques de réfléchir le sens du mot "révolution", dont le retour interroge en effet.

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Thierry Ménissier
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