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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 05:10

Université Pierre Mendès France – Grenoble 2 / UFR Sciences Humaines / Département de philosophie / Master 1ère année

Séminaire de Philosophie politique (UE 4), année universitaire 2013-2014, 1er semestre

Les jeudis matins de 10 à 12 h, Domaine Universitaire, 1281, avenue Centrale, 38400 Saint-Martin d'Hères, Salle BSHM P2

Pr. Thierry Ménissier : Philosophie politique des mondes émergents

 

Jeudi 14 novembre

Intervention de Thomas Jesuha (agrégé de philosophie)

« Le néolibéralisme et le libertarisme,

positions de référence de l’hyperindividualisme contemporain ? »

 

 

Résumé

 

Nous essaierons de nous étonner – afin de la questionner – à propos d’une puissante tendance actuelle qui semble lier de manière intime développement technologique et expression du désir individuel. Le problème sera de nous demander si notre adhésion grandissante à un modèle individualiste des choix de vie est à mettre au compte d’une structure passagère (et indésirable ?) des rapports économiques (capitalisme) ou bien à celui d’une véritable révolution de notre subjectivité : l’homme augmenté sera-t-il nécessairement homo liberalis ou bien reconnaîtra-t-il la prééminence de certaines règles sur son désir ?

 

 

 

Bibliographie

 

De Lagasnerie, R., La dernière leçon de Michel Foucault, Paris, Fayard, 2012

Goffette, J., Naissance de l’anthropotechnie, Paris, Vrin, 2006

Hottois, G. Essais de philosophie bioéthique et biopolitique, Paris, Vrin, 1999

Lordon, F., La société des affects : Pour un structuralisme des passions, Paris, Seuil, 2013

Sloterdijk, P., Règles pour le parc humain, Paris, Fayard, 2010

 

 

 

Recherches en cours

 

Hannah Arendt a formulé un sévère diagnostic de l’expérience que fait l’homme d’être dans un monde : l’époque moderne, avec son arsenal de nouvelles sciences et techniques et armée d’une nouvelle philosophie sceptique, a inauguré une ère du doute dans laquelle l’histoire et la nature cessent de nous présenter une objectivité rassurante : désormais, l’homme est techniquement capable de bouleverser – apparemment sans limites – son environnement et sa propre nature biologique.

Ainsi caractérisé par une forme d’anomie, le monde contemporain semble donc plus que jamais ouvert à l’expression absolue des désirs individuels : d’abord vouées à stimuler le développement capitaliste, les technologies se mettent un peu plus chaque jour au service d’une demande privée qui, fait nouveau, n’émane plus d’un besoin thérapeutique mais d’un désir d’amélioration et de performance (prothèses, psychotropes, chirurgie esthétique, eugénisme, intelligence artificielle…)

Dès lors, comment intégrer l’idée d’une régulation collective (Étatique ou communautaire ?) de processus qui, semble-t-il, relèvent d’un modelage strictement individuel ? Comment relever le défi arendtien qui nous enjoint à repenser la possibilité d’un monde commun malgré ou avec l’émergence de l’homme augmenté ? Ou encore, doit-on s’en tenir à l’idée d’un rejet pur et simple de l’intervention étatique qui accompagne l’appropriation individuelle des technologies ?

 

L'athlète Oscar Pistorius...un départ vers quelles réalités ?

L'athlète Oscar Pistorius...un départ vers quelles réalités ?

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Thierry Ménissier - dans Séminaires
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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 04:59

L’Instant philo de Saint-Martin d’Uriage, saison 6 / séance 1

Centre culturel Le Belvédère, jeudi 14 novembre 2013, à partir de 20 h

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

 

Thierry Ménissier, Professeur de philosophie, Université de Grenoble Alpes

Philosophie du mourir et nouvelles technologies du soin

 

Cet excellent hôtel est très ancien. Déjà à l’époque du roi Clovis on y mourait dans quelques lits. À présent on y meurt dans cinq cent cinquante-neuf lits. En série, bien entendu. Il est évident qu’en raison d’une production aussi intense, chaque mort individuelle n’est pas aussi bien exécutée, mais d’ailleurs cela importe peu. C’est le nombre qui compte. Qui attache encore du prix à une mort bien exécutée ? Personne. Même les riches, qui pourraient cependant s’offrir ce luxe, ont cessé de s’en soucier ; le désir d’avoir sa mort à soi devient de plus en plus rare. Quelque temps encore, et il deviendra aussi rare qu’une vie personnelle. C’est que, mon Dieu, tout est là. On arrive, on trouve une existence toute prête, on n’a plus qu’à la revêtir. On veut repartir, ou bien l’on est forcé de s’en aller : surtout pas d’effort ! Voilà votre mort, monsieur. On meurt tant bien que mal, on meurt de la mort qui fait partie de la maladie dont on souffre. (Car depuis qu’on connaît toutes les maladies, on sait parfaitement que les différentes issues mortelles dépendent des maladies, et non des hommes ; et le malade n’a pour ainsi dire plus rien à faire.)

Rainer Maria Rilke

Les Cahiers de Malte Laurids Brigge,

Trad. Maurice Betz

 

 

« L’Instant philo » est un séminaire de philosophie destiné à tout public intéressé par la réflexion. Cette sixième saison comprend 4 sessions, couplées deux à deux : un thème est traité lors de la première séance, puis on reçoit un invité expert de la question abordée pour un dialogue sur les enjeux philosophiques.

 

Dans cette première séance de L’Instant philo, je voudrais mettre en relation deux ordres de faits. D’une part, l’évolution des biotechnologies et des procédures de soins relatives à la mort, de l’autre la philosophie du savoir mourir telle qu’elle a été développée par une longue tradition d’auteurs, tels que Michel de Montaigne, Rainer Maria Rilke et plus récemment Martin Heidegger.

 

Ces auteurs ont considéré l’expérience du mourir comme fondamentale pour une existence philosophique ; pour eux savoir mourir représente une conquête par l’homme de sa propre authenticité. Heidegger (1889-1975) a développé une approche philosophique de la mort particulièrement construite, d’abord avec sa thèse de « l’être-pour-la-mort » (dans Être et temps, 1927) puis avec celle du mourir comme événement proprement humain lié à la double faculté d’« être capable de la mort en tant que mort » et d’« habiter la Terre » (Essais et conférences, 1954) ; de manière très intéressante il a adapté pour une philosophie du savoir mourir les idées d’« intentionnalité » et de « monde » héritées de la tradition phénoménologique.

 

Quel sens prend dans le contexte des technologies et de dispositifs contemporains de soins une telle tentative philosophique ? Ces technologies et ces dispositifs ne coupent-ils pas l’humain de sa subjectivité mourante, notamment parce qu’ils soumettent le processus du décès à une extériorité objective et fatalement inauthentique ? Quelle philosophie du mourir dans les nouvelles conditions de soin ? Quelle anthropologie (représentation de l’Homme) à l’ère du « désir d’une vie illimitée » et de la « biopolitique », pour reprendre les éléments du titre d’un ouvrage récent de Francesco Paolo Adorno (Kimé, 2012) ?

 

Prochaine séance : jeudi 20 février 2014, 20 h, invité à préciser.

Pour se rendre au Centre culturel Le Belvédère : http://www.belvedere-culture.fr/

Le Transi de René de Chalon par Ligier Richier, Eglise Saint-Etienne de Bar-le-Duc (vers 1550). Une des expressions esthétiques du mourir les plus impressionnantes que j'ai croisées.

Le Transi de René de Chalon par Ligier Richier, Eglise Saint-Etienne de Bar-le-Duc (vers 1550). Une des expressions esthétiques du mourir les plus impressionnantes que j'ai croisées.

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Thierry Ménissier - dans Evénements
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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 06:57

Université Pierre Mendès France – Grenoble 2 / UFR Sciences Humaines / Département de philosophie / Master 1ère année

Séminaire de Philosophie politique (UE 4), année universitaire 2013-2014, 1er semestre

Bâtiment ARSH (Domaine Universitaire, 1281, avenue Centrale, 38400 Saint-Martin d'Hères), Salle à déterminer

Pr. Thierry Ménissier : Philosophie politique des mondes émergents

Séance 7 : jeudi 7 novembre, 10 - 12 h

 

Intervention de Claude Siegni,

 

Professeur des Lycées d'Enseignement Général  /  IPR de philosophie (Cameroun), doctorant en philosophie au Centre Atlantique de Philosophie (EA 2163), Université de Nantes

 

« Biotechnologie, nature humaine et société postindustrielle»

 

A partir de l’impact des biotechnologies sur l’homme dans son intimité ontologique et son horizon sociétal postindustriel, il s’agira d’examiner quelques conditions de possibilités de sa liberté.

    

  • Adorno (Francesco Paolo), Le Désir d’une vie illimitée. Anthropologie et biopolitique, Paris, Kimé, 2012.

 

  • Fukuyama (Francis), La Fin de l’homme. Les conséquences de la révolution biotechnique, trad. D.-A. Canal, Paris, Gallimard, « Folio Actuel », 2002.

 

  • Fukuyama (Francis), Le grand bouleversement. La nature humaine et la reconstruction de l’ordre social, trad. D.-A. Canal, Paris, La Table Ronde, 2003.

 

  • Lardic (Jean-Marie), Durand (Guillaume) et alii, L’éthique clinique et les normes, Nantes, Éditions Nouvelles Cécile Defaut, 2013. 

 

  • Ménissier (Thierry), « Contamination et libre responsabilité : une réflexion biopolitique à partir de la pandémie grippale de l'hiver 2009 », in Adam (Véronique) & Revol-Marzouk (Lise), La Contamination. Lieux symboliques et espaces imaginaires, Paris, Classiques-Garnier, 2012, p. 241-257. 
Biotechnologie, nature humaine et société postindustrielle
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Thierry Ménissier - dans Séminaires
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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 18:31

A propos de Georges Amar, Aimer le futur. La prospective, une poétique de l’inconnu, FYP Editions, 2013, 166 p.

 

 

« L'art de la prophétie est extrêmement difficile, surtout en ce qui concerne l'avenir. »

 

Mark Twain

 

C’est parce que le dernier livre de Georges Amar porte le titre énigmatique Aimer le futur qu’il nous intéresse. Grâce à cet ouvrage qui se présente sous la forme d’un recueil d’aphorismes et de textes un peu plus développés, Amar, expert reconnu en prospective de la mobilité urbaine, à la fois philosophe et artiste, nous transmet une forme d’émotion particulière. Comment traduire cette dernière ?

 

Elle repose d’abord sur la décision de considérer la prospective comme une discipline intellectuellement impossible : prévoir le futur s’avère extrêmement délicat, comme une tentation sans cesse vouée à l’échec, car la plupart du temps ce qu’on prédit ne correspond qu’à nos propres projections (autant dire à celles de nos limites) et le futur sera radicalement différent de nos prévisions. Un autre écueil consiste à croire qu’on peut se passer d’imaginer l’avenir en innovant « à tour de bras s’embarrasser de discours et d’états d’âme : l’avenir n’est pas à produire, à construire, à inventer ! » (p. 42). Cette attitude fréquemment observée repose sur une conception purement instrumentale de la réalité, amplifiée par l’angoissant essoufflement du système industriel européen (c’est-à-dire par l’inquiétude que notre forme dominante de vie est menacée), mais elle ne reflète que la forme rationaliste du nihilisme.

 

Ensuite, le problème qu’affronte Georges Amar apparaît fondamentalement philosophique en ce qu’il tient aux particularités de la condition humaine : notre existence ne peut en aucune manière être arrimée par la fixation du présent grâce à l’ancre du passé (et tant mieux car nous perdrions toute prétention à la liberté), et elle ne s’inscrit non plus dans un pur présent ni dans une totale ouverture au temps qui vient. Il est donc très difficile de dire « où » nous sommes : « le présent est-il l’intersection nulle et brillante de deux infinis ? Le futur et le passé sont-ils l’expansion du présent ? » (p. 35). Les limites sont donc floues, et la « connaissance adéquate » du futur, s’il en existe une forme accessible à l’homme, ne saurait être trouvée dans le calcul, si rigoureux soit-il, des potentialités qui gisent dans le présent. D’ailleurs ces potentialités, qui constituent en réalité tout ce qui n’est pas impossible, ne nous diraient rien de ce qui, dans son originalité, va advenir.

 

Ainsi Amar ne nous dit nullement dans son ouvrage ce que sera ni même ce que pourrait être notre futur, car tel n’est pas l’objectif qu’il poursuit. La finalité de sa belle méditation n’est pas assimilable à celle de ces grandes fresques « futurologiques » qui défraient régulièrement la chronique éditoriale, ce qui est d’ailleurs un signe de l’inquiétude des temps – je pense notamment au succès que connaissent régulièrement les ouvrages de Jeremy Rifkin, par exemple son livre récent (et d’ailleurs fort stimulant) consacré à The Empathic Civilization, paru en 2011[1].

 

C’est pourquoi la proposition de Georges Amar nous parle d’une forme d’émotion : si toute forme d’anticipation rationnelle repose sur une projection aussi maladroite que malheureuse, si nulle frénésie d’invention ne pourra jamais calmer notre inquiétude naturelle d’êtres temporels, si enfin le temps humain est impossible à stabiliser, comment malgré tout revendiquer une posture prospective ? C’est ici qu’il est question d’aimer le futur. Et les conditions de possibilité d’une telle attitude reposent sur une forme d’ouverture à la réalité. Cette ouverture, suggère Amar, est rendue possible par notre rapport à la langue – il s’agit pour l’auteur de nous montrer, verbe à l’appui pourrait-on dire, qu’une « poétique de l’inconnu » est possible et féconde. « La fonction du récit prospectif, écrit Amar, est de donner du langage. Du langage capable de raviver (de dérouiller) l’articulation des concepts et des choses. Car c’est cette articulation, lorsqu’elle n’est pas rigidifiée, qui est « riche en futur » […] Nous n’avons pas besoin de fascination mais de « langager » à nouveaux frais la pensée et le réel » (p. 108).

 

Or cette intention poétique porte une véritable éthique (de la connaissance) du futur. Il faut se garder d’interpréter la formule « Aimer le futur », en fonction d’une réminiscence camusienne, sur le mode du fameux « il faut imaginer Sisyphe heureux ». Amar ne nous dit pas que l’ouverture au futur est la condition de possibilité obligée de survie du présent. En nous invitant à dire des futurs, il nous permet d’adopter une attitude à la fois plus spontanée et plus complexe, il dessine une posture spécifique. Et au début de son ouvrage, l’auteur nous livre une importante clef en suggérant que par « amour du futur », il entend « un mode de connaissance qui ne sépare pas le sujet de l’objet, le concept de l’affect, qui ne dissocie pas connaissance et création » (p. 12). On dit de la sorte qu’Adam connut Eve, manière d’exprimer une ouverture à l’autre qui passe par l’acceptation charnelle de ce qu’il est et de ce que nous sommes (car pour se connaître charnellement, il faut se mettre à nu). Cette dimension charnelle n’est pas sans rappeler une autre éthique qui nous dispose à vivre des moments de béatitude terrestre[2]. Pour sa part, Amar établit les conditions d’une éthique dans, ou même de la connaissance du futur, car il s’agit de faire en sorte que, tout en s’essayant à le dire et en visant à en formuler une première forme de connaissance, ce dernier reste tout de même à venir :

 

« Si la prospective n’est pas un outil d’aide à la décision, qu’est-elle ? Elle rend le futur à la fois libre et pensable. Et ça, c’est pour le cœur ! Réduire l’angoisse du futur sans l’arraisonner ni l’édulcorer, c’est déjà beau, non ? La religion le fait aussi, à sa façon…Au fond, le futur est peut-être notre dernière vraie croyance. Nous croyons que demain sera. Espoir, ennui (répétition) ou terreur ? La prospective est une version du futur. Une version science-compatible, qui témoigne d’un amour lucide du futur. Et dont on puisse dire ce que René Char dit de la poésie : « Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir. » Que la prospective soit l’amour réalisé du futur demeuré futur ! » (p. 112).

 

Amar nous dit en quelque sorte que le bon prospectiviste – à savoir, celui qui n’exerce aucune violence sur son objet de connaissance – est un amoureux de ce qui peut arriver.  Cette émotion si douce et si importante qu’il nous transmet, c’est donc celle de l’accueil qu’il faut savoir faire à ce qui débute et qui a besoin de notre soin.

 

Capable de renaissances, le prospectiviste selon Amar est à jamais l’homme des premières fois. Si bien que pour lui, tel un amant de la liberté, « Le présent ne s’oppose à rien » (p. 35).

 

 

 


[1] Voir Jeremy Rifkin, Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Vers une civilisation de l’empathie, traduit par Françoise et Paul Chemla, Paris, Les Liens qui libèrent, 2011/Babel 2012.

[2] « La béatitude n’est pas le prix de la vertu, mais la vertu elle-même : et cet épanouissement n’est pas obtenu par la réduction de nos appétits sensuels, mais c’est au contraire cet épanouissement qui rend possible la réduction de nos appétits sensuels », Spinoza, Ethique, livre V, proposition XLII et finale.

Aimer le futur ?
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Thierry Ménissier - dans Lectures
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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 11:38

Demain jeudi 24 octobre 2013, dans le cadre du séminaire de philosophie politique de M1 (UPMF, Département de Philosophie)

 

Intervention de Thomas Boccon-Gibod

 

"Evaluer les institutions gouvernementales :

l’exigence démocratique face aux règles instituées"

 

Université Pierre Mendès France - Grenoble 2, campus de Saint-Martin d'Hères, Salle P2 du BSHM, 10 - 12 h

 

Résumé de l'intervention :

Dans cet exposé, on se propose de développer une réflexion critique sur la notion de sciences de gouvernement, dans le but de formuler une conception véritablement démocratique de l’exercice du pouvoir, à la fois réaliste (affranchie de considérations normatives sur la démocratie) et critique (qui ne relève pas d’une conception technocratique de la politique). Pour ce faire, un détour par l’œuvre de F.A. Hayek permettra, dans un premier temps, de clarifier à la fois les enjeux et les données du problème : quelles sont les conditions de possibilité, à la fois épistémiques et pratiques, d’une société qui garantit la liberté des individus ? La critique des solutions hayekiennes, en particulier l’articulation cruciale qu’il propose de la sphère des échanges marchands et des autres institutions sociales et politiques, et par voie de conséquence la mise en évidence d’une disjonction persistante entre les niveaux étatiques et globaux de l’action gouvernementale, permettront, a contrario, de comprendre dans un second temps les difficultés pratiques auxquelles sont confrontés à l’heure actuelle, non seulement la pensée politique dominante, mais aussi, très concrètement, les dispositifs gouvernementaux contemporains.

 

Thomas Boccon-Gibod, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, est agrégé et docteur en philosophie.

Il est notamment l'auteur en 2011 d'une thèse remarquée, dirigée par le Pr. Robert Damien et soutenue à l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, intitulée "Les Principes démocratiques de l'autorité. Fondements et modalités de l'exercice du pouvoir dans les sociétés contemporaines". Cette thèse a reçu en 2012 le Prix Richelieu en lettres et sciences humaines de la chancellerie des universités de Paris.

Il a également publié un article, "La tragédie, entre art et politique. Schmitt, Benjamin, Foucault", Raisons Politiques, n°31-2008, accessible ici :

http://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2008-3-page-135.htm

 

Bibliographie préparatoire :

  • Deneault (Alain), Gouvernance. Le management totalitaire, Montréal, Lux Editeur, 2013.
  • Graz (Jean-Christophe), La Gouvernance de la mondialisation, Paris, La Découverte, 2013. 
  • Kazancigil (Ali), La Gouvernance. Pour ou contre le politique ?, Paris, Armand Colin, 2010.
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Thierry Ménissier - dans Séminaires
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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 05:06

La séance du séminaire "Philosophie politique des mondes émergents" de demain, jeudi 17 octobre, portera sur la thématique

 

Sociétés de haute technologie, politique de la science 

et gouvernement des experts

 

Nos sociétés ont mis en oeuvre le programme rationaliste conçu par les Modernes. "Développées", elles apparaissent fortement influencées par les découvertes de la science et par les inventions technologiques. Cela se traduit notamment par l'importance de la dimension industrielle, qui, sous des formes variées, fait culminer la forme instrumentale du rationalisme : l'industrialisme est le rationalisme devenu forme de vie.

 

Il faut ajouter que ces sociétés sont désormais orientées par la haute technologie, ce qui ajoute des modalités nouvelles souvent peu pensées. Dans ce contexte, on réfléchira aux effets de ces facteurs sur la société politique d'aujourd'hui et de demain, en discutant notamment l'hypothèse que nous sommes entrés plus ou moins définitivement sous le gouvernement des experts.

 

Séance ouverte par Anne Perrin, directrice de recherche / biologie, doctorante en philosophie politique

 

Bibliographie :

  • Beck (Ulrich), La Société du risque. Sur la voie d’une autre modernité (1986), trad. L. Bernardi, préface Bruno Latour, Paris, Flammarion, 2001.
  • Dupuy (Jean-Pierre), Pour un catastrophisme éclairé. Quand l’impossible devient certain, Paris, Editions du Seuil, 2002.
  • Estlund (David), L’autorité de la démocratie. Une perspective philosophique (2008), trad. Y. Meinard, Paris, Hermann, 2011.
  • Ewald (François), Gollier (Christian) & Sadeleer (Nicolas), Le Principe de précaution, Paris, PUF, QSJ ?, 2008.
  • Grison (Denis), Qu’est-ce que le principe de précaution ?, Paris, Vrin, 2012.
  • Jonas (Hans), Le Principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique (1979), trad. J. Greisch, Paris, Editions du Cerf, 1997.
  • Séris (Jean-Pierre), La Technique, Paris, PUF, 1994.
  • Simondon (Gilbert), Du Mode d'existence des objets techniques (1958), Paris, Aubier, 2012.
Sociétés de haute technologie, politique de la science et gouvernement des experts
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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 05:36

Du fait de la réunion de rentrée de l'équipe de recherche "Philosophie, Langages & Cognition" ce jeudi, la prochaine séance du séminaire aura lieu le jeudi 10 octobre.

 

Elle portera sur le thème

Guerre, conflictualité, violence : quelle signification politique des « états de violence » contemporains ?

 

Bibliographie de la séance :

  • Agamben (Giorgio), Homo sacer. Le pouvoir souverain et la vie nue (1995), trad. M. Raiola, Paris, Editions du Seuil, 1997 ; Etat d’exception. Homo sacer, II.1 (2003), trad. J. Gayraud, Paris, Editions du Seuil, 2003.
  • Benjamin (Walter), « Critique de la violence » (1921), trad. M. de Gandillac revue par R. Rochlitz, in Œuvres, tome I, Paris, Gallimard, Folio Essais, 2000, p. 210-243.
  • Chamayou (Grégoire), Théorie du drone, Paris, Editions La Fabrique, 2013.
  • Gros (Frédéric), Etats de violence. Essai sur la fin de la guerre, Paris, Gallimard, 2006.
  • Laroche (Josepha), La Brutalisation du monde. Du retrait des Etats à la décivilisation, Montréal, Editions Liber, 2012.
  • Nadeau (Christian) & Saada (Julie), Guerre juste, guerre injuste. Histoire, théories et critiques, Paris, PUF, « Philosophies », 2009.
  • Jeangène Vilmer (Jean-Baptiste), La Guerre au nom de l'humanité : tuer ou laisser mourir, préface de Hubert Védrine, Paris, PUF, 2012.
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Thierry Ménissier - dans Séminaires
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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 07:25

Machiavel a composé Le Prince à l'automne 1513, il y a exactement 500 ans.

Je signale la tenue prochaine de ce colloque à l'Institut culturel italien de Paris, les 4-5 octobre prochains.

 

http://www.iicparigi.esteri.it/IIC_Parigi/webform/SchedaEvento.aspx?id=912&citta=Parigi

à venir : Il problema Machiavelli. Science de l'homme, conscience de l'Europe
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Thierry Ménissier - dans Evénements
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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 07:25

Machiavel a composé Le Prince à l'automne 1513, il y a exactement 500 ans.

Je signale la tenue prochaine de ce colloque à l'Institut culturel italien, les 4-5 octobre prochains.

 

http://www.iicparigi.esteri.it/IIC_Parigi/webform/SchedaEvento.aspx?id=912&citta=Parigi

à venir : Il problema Machiavelli. Science de l'homme, conscience de l'Europe
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Thierry Ménissier
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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 08:42

Ce texte constitue le synopsis de la première session de mon séminaire :

 

Université Pierre Mendès France – Grenoble 2 / UFR Sciences Humaines / Département de philosophie / Master 1ère année

Séminaire de Philosophie politique (UE 4), année universitaire 2013-2014, 1er semestre

Les jeudis matins de 10 à 12 h, Bâtiment ARSH (Domaine Universitaire, 1281, avenue Centrale, 38400 Saint-Martin d'Hères), Salle P2 du BSHM

Pr. Thierry Ménissier : Philosophie politique des mondes émergents

Séance 1 : Jeudi 19 septembre 2013

 

Introduction : Objectifs et méthode du séminaire

 

Dans cette introduction nous voulons à la fois caractériser rapidement la philosophie politique, et indiquer quelles sont les finalités et la méthode que nous poursuivrons ce semestre.

 

La philosophie politique est le produit d’une longue histoire, et, depuis son invention qu’on peut dater de la parution de La République de Platon, son évolution a reposé sur un dialogue toute en tensions entre la vie de la pensée et l’activité de la cité – tensions qui ont longtemps pesé sur le destin personnel des philosophes, menacés par la cité ou mis en danger par leur engagement politique (Socrate, Spinoza). La philosophie politique contemporaine vise quant à elle à penser le monde qui s’est progressivement mis en place sous l’effet du mouvement de fond impulsé par la modernité ou par le « modernisme » (depuis le XVIIème siècle et la puissante machine imaginée et promue par Thomas Hobbes avec son Léviathan).

 

Ce monde a vu l’émergence et connaît maintenant l’affirmation (bientôt mondiale ?) de la démocratie. Ce régime était honni par les Anciens, et si un philosophe athénien déambulant sur l’agora nous demandait, inquiet des évolutions de l’histoire : « ce que vous, contemporains héritiers des modernes, appelez démocratie, mais quel genre de régime est-ce ? », nous pourrions lui répondre en dissociant les deux sens du mont « régime » : institutions et modes de vie. Pour le premier aspect, nous pourrions rassurer notre interlocuteur – le type d’institutions qui s’est imposé avec la modernité, qu’a-t-il de démocratique ?, puisqu’il n’est même pas la démocratie indirecte. Inachevée, telle apparaît au mieux la démocratie (selon l’expression de Pierre Rosanvallon dans un de ses ouvrages historiques consacré à l’émergence de notre société politique). En réalité, il faut plutôt parler du « gouvernement représentatif » évoqué par Bernard Manin (1996), dont le ressort n’est autre que le vieux principe aristocratique de l’élection, ce mode de reconnaissance de la distinction personnelle (qui induit par conséquent une forme d’inégalité entre les prétendants à la fonction élue).

 

Quant au régime des mœurs démocratiques, c’est sans doute à ce niveau que réside la véritable différence entre les conceptions anciennes et modernes-contemporaines : sur la plan de l’anthropologie – s’agit-il des effets de la démocratisation, ou de la réalisation de ses soubassements anthropologiques ?, toujours est-il que la modernité a provoqué la transformation de l’homme et de son monde, et favorisé l’émergence lente d’un type de rapport humain et social fondamentalement original. Tout se passe, pour reprendre les termes de Pierre Manent dans son essai sur Tocqueville (1993) comme si « l’homme démocratique » était apparu et avait imposé sa vision du monde. Cette vision est conditionnée par le primat du désir d’égalité sur la revendication de la liberté ; d’où des conduites dominées par l’affect si particulier que Tocqueville appelle « l’envie » (et qui constitue de nos jours un ressort puissant du marketing).

 

Dans ce contexte particulier s’est développée une forme de rapport social basé sur l’individualisme. Un contexte dans lequel il faut regarder la variété des points de vue non seulement comme un fait démocratique majeur, mais encore comme un principe de la société démocratique. La démocratie consacre la « pluralité des conceptions du bien » (Mesure & Renaut, 2002).

 

Cela posé, quel est plus exactement l’héritage de la modernité dans la période contemporaine ? Vaste question, que nous avons réfléchie en proposant un répertoire des catégories politiques fondamentales de la modernité (Ménissier, 2005). Ici, on mettra deux points seulement en exergue.

 

  1. Ainsi qu’on l’a dit plus haut, la notion de modernité traduit un certain style philosophique qui, sur le plan des idées politiques, se confond avec le projet du Léviathan, véritable monument marquant l’apparition d’une façon nouvelle d’envisager l’association politique entre les hommes. Pour le résumer en quelques phrases, cet ambitieux projet vise à concevoir et à favoriser la création de l’Etat, et poursuit l’objectif de légitimer l’encadrement de la société par ce dernier, en fonction de la rationalisation des conduites individuelles. Hobbes entreprend par son livre de faire consentir les individus eux-mêmes à leur propre soumission à l’Etat, à partir d’une prise de conscience de leur situation naturellement dramatique : la peur de la mort qui découle de cette situation est issue d’une contradiction initialement indépassable entre les désirs bruts de tous les hommes. Telle est la thèse de la « guerre de tous contre tous » : le caractère illimité des désirs humains se voit, dans la situation de base de l’humanité (pré-civile), confrontée à la rareté des biens à désirer, d’où une situation menaçante et insoutenable. Cela provoque, estime le philosophe de Malmesbury, l’émergence de la raison et la volonté de contractualiser en abandonnant une part de son « droit de nature ». L’Etat, s’il est nécessairement coercitif, s’en trouve justifié : originellement « Léviathan » est (avec Béhémoth) un monstre dont la monstration permet à Yahvé, selon le Livre de Job de l’Ancien Testament, d’indiquer à Job qu’il est tout-puissant et que la souffrance humaine, au bout du compte, a un sens. Le Léviathan de Hobbes est porteur de la même promesse, mais sécularisée : la toute-puissance de ce vaste corps – un corps-machine, qui relève d’une tératologie de l’artifice – garantit le salut des corps et des âmes des citoyens-sujets (le frontispice du Léviathan est à ce propos tout à fait éloquent, voir la gravure réalisée par Abraham Bosse sur la commande de Hobbes).

 

  1. Le dilemme des deux (ou quatre) libertés a structuré notre rapport à la liberté. On entend par là la distinction entre a) liberté des Anciens/modernes (Benjamin Constant, 1819), et b) liberté positive/négative (Isaiah Berlin, 1958). Distinctions cardinales : elles constituent l’assise conceptuelle qui a préparé la structuration de notre polarisation politique entre « droite » et « gauche ». Notre univers mental s’est littéralement trouvé latéralisé par ces distinctions survenues en des époques cruciales de tension et de combat politique, et qui, pendant des dizaines d’années, nous ont permis de reconnaître notre droite de notre gauche !

 

Que reste-t-il du style moderne ? Les promesses de l’Etat Léviathan, que valent-elles aujourd’hui ? Comment adhérer encore au dilemme des deux libertés ? Ne représente-t-il pas un « lit de Procuste » (image mythologique pour : un canevas mutilant) pour nos pratiques courantes ? Il faut faire l’hypothèse – c’est ce qu’on fera de manière systématique dans ce séminaire – que l’héritage moderne ne permet plus à l’activité politique contemporaine de s’identifier exactement, ni de se comprendre avec la précision qui est nécessaire.

 

Cette hypothèse, nous l’avons exposée ailleurs (Ménissier, 2011), c’est celle de la « folklorisation » des catégories politiques héritées – folklorisées, les catégories politiques continuent à s’appliquer, on les utilise encore, elles ne sont ni totalement périmées ni vraiment obsolètes, pourtant elles sont largement dépassées et nombreuses sont nos pratiques nouvelles (nouvelles depuis un certain temps déjà pour certaines !) qui ne correspondent plus à ces catégories. A cet égard, notre situation actuelle, pour la pensée politique, m’apparaît comme celle dont parle Thomas Kuhn dans La Structure des révolutions scientifiques, lorsqu’un paradigme scientifique ne correspond plus à ce qu’on observe dans la réalité. Mais justement, on ne sait pas ce qu’on observe, car les catégories nouvelles font défaut. Dans le séminaire, nous voulons à la fois alimenter et dépasser cette hypothèse : nourrir l’observation avec ce qu’on observe, si surprenant et nouveau soit-il, créer des catégories nouvelles, qui permettront de comprendre le monde et d’y agir.

 

Il apparaît nécessaire d’aller plus loin que le simple constat de la « folklorisation » des catégories modernes héritées ; il s’agit de repenser la situation humaine dans ses postures de référence. Nous nous inscrivons ici dans la perspective du projet philosophique d’Hannah Arendt (Arendt, 1958 et 1963), dans lequel il s’agissait de penser les postures existentielles de référence de l’humanité (le travail, l’œuvre et l’action : Arendt, 1958), et par suite d’interroger la signification de l’agir politique (Arendt, 1963) ? Quelles sont les activités de référence de l’humanité aujourd’hui ? Et quel peut dans ce contexte être le sens actuel de l’expression « agir politiquement », expression que la modernité à la suite de Hobbes a surinvestie au point de vouloir qu’elle se substitue à cette autre : « croire en Dieu afin de sauver l’humanité » ?

 

Nous voulons donc nourrir la description des activités humaines ; cela revient à admettre que la philosophie politique relève de l’éthologie, hypothèse qu’on trouve déjà chez Aristote et que Diamond (2000) a récemment développée dans le cadre d’une théorie évolutionniste que nous garderons à l’esprit : il est particulièrement intéressant de supposer que la philosophie politique constitue une branche de la science des comportements animaux, la branche qui regarde les comportement à la fois humains, collectifs et intentionnels.

 

Nous admettrons de plus deux postulats :

  1. La « participation » constitue une revendication historiquement permanente / un invariant, et elle correspond à une disposition anthropologique majeure, ainsi que l’a remarquablement montré Joëlle Zask (Zask, 2011). En partant des thèses de John Dewey et du pragmatisme US, Zask établit que les trois moments de la participation politique sont « Prendre part », « contribuer », « bénéficier ». Ainsi comprise, la participation renvoie à ce que disent les théories de la reconnaissance à propos de la constitution de l’humanité. Lorsque, dans une organisation humaine, l’individu est convié à participer, il devient littéralement un humain complet. Interdir à une personne de participer à la vie de l’organisation dont il est membre n’est pas seulement le signe de l’autoritarisme voire du despotisme, c’est entreprendre de mutiler l’humanité des personnes ! En ce sens, la démocratie – malgré ses immenses imperfections ! –  constitue quelque chose d’important pour le développement humain.
  2. Nous voulons ajouter à ce point le soupçon typique de la philosophie contemporaine, en convoquant une analyse en termes résolument postmodernes que nous trouvons dans l’œuvre de Peter Sloterdijk (2000 et 2003). La provocation que nous adresse avec fougue le philosophe de Karlsruhe revient à dire que beaucoup de choses qui nous perturbent viennent de fait que nous avons déjà vécu la fin d’une époque, la fin de notre époque : la modernité, époque qui fut particulièrement audacieuse, au point sans doute de se montrer arrogante. A présent il revient à la philosophie politique de penser l’humanité dans sa dynamique historique selon sa plus ample durée (Sloterdijk reconstitue dans son livre de 2003 les trois phases de la préhistoire, de l’histoire, et de la posthistoire de la politique moderne. Il nous permet de comprendre ce qu’a signifié pour la modernité le mot de « politique » en regard de ce qu’a été la « paléopolitique » ; il nous demande si aujourd’hui notre régime et nos mœurs démocratiques ne correspondent pas, pour le meilleur et pour le pire, à un mode de vie définitivement postpolitique. Si tel est le cas, quelles conséquences, pour le meilleur et pour le pire ?

 

 

 

 

 

Bibliographie de la séance :

  • Arendt (Hannah), Condition de l’homme moderne (1958), trad. G. Fradier, Paris, Pocket, 1994 ; Essai sur la révolution (1963), trad.  M. Berrane et J.-F. Hel-Guedj, Paris, Gallimard, « Folio Essais », 2012.
  • Diamond (Jared), Le troisième chimpanzé. Essai sur l’évolution et l’avenir de l’animal humain (1992), trad. M. Blanc, Paris, Gallimard, Folio Essais, 2000.
  • Manin (Bernard), Principes du gouvernement représentatif, Paris, Flammarion, « Champs », 1996.
  • Manent (Pierre), Tocqueville et la nature de la démocratie, Paris, Gallimard, 1993.
  • Ménissier (Thierry), Eléments de philosophie politique, Paris, Ellipses, 2005 ; La Liberté des contemporains. Pourquoi il faut rénover la République, Grenoble, PUG, 2011.
  • Mesure (Sylvie) & Renaut (Alain), Alter ego. Les paradoxes de l'identité démocratique, Paris, Flammarion, « Champs », 2002 .
  • Sloterdijk (Peter), Dans le même bateau. Essai sur l’hyperpolitique (1993), trad. par P. Deshusse, Paris, Payot & Rivages, 1997, Rivages Poches / Petite Bibliothèque, 2003 ; Règles pour le parc humain. Une lettre en réponse à la Lettre sur l’humanisme de Heidegger (1999), trad. O. Mannoni, Paris, Mille et une nuits, 2000.
  • Zask (Joëlle), Participer. Essai sur les formes démocratiques de la participation, Lormont, Le Bord de l’eau, 2011.
Penser de la même manière que le lézard se déplace. Totalement immobile lorsqu'il s'agit de se chauffer au soleil du concept. Se déplacer à la vitesse de l'éclair pour changer d'angle de vue. Redevenir parfaitement concentré...

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Thierry Ménissier - dans Séminaires
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