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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 11:18
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Thierry Ménissier
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 14:29
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 13:42
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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 05:37
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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 14:19
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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 05:30

ratstu

 

 

"Nous voyons la stupidité fonctionnelle comme une absence de réflexion critique. C'est un état d'unité et de consensus qui fait que les employés d'une organisation évitent de questionner les décisions, les structures et les stratégies", Mats Alvesson et André Spicer, Journal of Management Studies, 49/7, novembre 2012

 

L’affaire Cahuzac invite à réfléchir.

Elle met en question la relation de confiance qui se tient normalement au cœur du lien politique. Ce point est souligné avec finesse par le « randonneur » Daniel Bougnoux :

http://media.blogs.la-croix.com/panique-dans-la-democratie/2013/04/03/


Une telle démarche revient à placer les relations humaines au cœur du problème, et, sans céder à la vaine tentation du moralisme rétrospectif, à envisager la question de la corruption du point de vue de la psychologie des mœurs politiques - tout en anticipant ses effets en termes de défiance structurelle envers la politique institutionnelle et son personnel régulier.


Mais alors le problème se pose à nouveau : comment peut-on en arriver là ?

Le hasard des conversations me suggère une piste : mon collègue le sociologue Olivier Zerbib porte à mon attention cette étude sur le management par la stupidité fonctionnelle :

http://www.slate.fr/lien/67767/entreprises-stupides-theorie-organisations

 

Je me demande si ce mode de management d’une organisation privée n’aurait pas une « efficacité » encore plus grande dans le secteur public. L’affaire Cahuzac n’est-elle pas la conséquence d’une telle gestion des relations entre les constituants du système démocratique : les hommes politiques, les journalistes et les citoyens ?

 

L’« efficacité » du management par la stupidité fonctionnelle, en la matière, c’est l’augmentation de la passivité des citoyens !

 

Comment éviter d'être managé par la stupidité fonctionnelle ? Une telle question se pose aujourd'hui aux citoyens français.

 


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Thierry Ménissier - dans Positions
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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 04:43
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Thierry Ménissier
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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 07:05

 

 

cloud.jpg

 


Cloud Atlas, le récent film d'Andy et Lana Wachowski et de Tom Tykwer, se présente comme un film de SF, et il prête le flanc à la critique tant du fait de sa virtuosité supposée forcée que de la spiritualité New Age qu’il paraît distiller. Quoiqu’il en soit, il s’agit d’une puissante œuvre politique qui, avec vigueur et émotion, dénonce la domination sous toutes ses formes (esclavagisme, sexisme, homophobie, proxénétisme, exploitation économique, cannibalisme) et à toutes les époques de l’histoire humaine sous l’ère du libéralisme entendu de manière étroitement économiste. Ils s’attaquent frontalement à cette doctrine hélas bien connue selon laquelle (pour citer une formule récurrente du film) « les faibles sont la chair que les forts mangent ».


Les trois auteurs ne sont pas avares de citations et de références indiquant dans quelle veine critique ils s’inscrivent, telles celles faites à Soleil Vert de Richard Fleischer (1973) et à Fahrenheit 451 de François Truffaut (1966). Cependant le rapprochement avec le Spartacus de Stanley Kubrick (1960) me semble également s’imposer. D’ailleurs, le film est aujourd’hui conspué par Hollywood comme le fut autrefois celui de Kubrick, et sans doute pour les mêmes raisons – il est bien trop critique pour l’Entertainment dominant. De même que le film de Kubrick dénonçait les valeurs de la société US (l’auteur du roman Howard Fast et le scénariste Dalton Trumbo avaient été condamnés par la commission McCarthy), les trois metteurs en scène de Cloud Atlas se livrent à une critique sévère du capitalisme – dont ils estiment prophétiquement qu’il va mener à leur perte à la fois la planète et ses habitants.

  

Surtout, Cloud Atlas se présente comme une série de tableaux (entrelacés avec virtuosité, tant au plan de la narration et du montage que concernant le jeu des acteurs) de la lutte du bien contre le mal, c’est-à-dire du combat pour la dignité et la liberté humaine contre la volonté de dominer et d’exploiter. Philosophie politique fort simple si l’on veut, mais qui peut dire qu’elle est simpliste, et surtout qu’elle manque aujourd’hui d’actualité ?


Comme  dans le film de Kubrick, il s’agit de montrer que, quoiqu’il en soit de la réussite des processus d’émancipation, ils renaîtront sans cesse, et tant que des hommes et des femmes seront dominés ils se battront pour résister et dans le but de se libérer. Telle est la leçon délivrée par le film à travers les six époques historiques qu’il évoque (du XIXème au XXIIIème siècle), et à travers la « révélation » qu’a eue le personnage martyr de Sonmi-451, la jeune clone qui acquiert une âme.

 

On peut également relever combien la philosophie de l’histoire de Cloud Atlas est (rigoureusement) kantienne et non pas (vaguement) New Age. Qu'est-ce qui en effet connecte subtilement le passé, le présent et le futur ? Qu'est-ce qui, bien plus efficacement que la réincarnation (!), pousse chaque élément de l'humanité à se sentir "lié" l'un à l'autre ? Le film apporte une unique réponse à cette double question : il s'agit du sens qu'a notre bizarre espèce de sa situation spéciale dans le temps et, par suite, de sa dignité qui est toujours à conquérir.

 

En effet, quand bien même chaque homme pourrait être tenté par le mal (soit par la tentation de dominer les faibles quand on est puissant, et telle est une des expression du « mal radical » en l’homme), l’histoire de l’espèce humaine est constituée les efforts de la volonté pratique afin d’instaurer un régime où autrui est considéré comme une fin en soi et non comme un moyen de la jouissance ou pour le profit d’autrui. Cette volonté pratique s’exprime aussi bien par la tendance des opprimés à s’émanciper et à vouloir créer une société humainement décente, que par la bonté surprenante de gens qui n’ont aucun intérêt à porter assistance à leur prochain. Ces deux aspects sont fortement soulignés dans le film. Par suite, ce dernier représente une réflexion approfondie sur la valeur morale de notre espèce, et de ce fait sur sa vocation à la liberté. D’où une certaine impression qu’on visionne une mise en images (spectaculaires et chargées d’émotion) des opuscules kantiens sur l’Histoire !


Ce film peut certes inspirer au spectateur une forte perplexité, voire un désagréable pessimisme. De fait, pour une telle humanité, il n’y aura sans doute jamais de salut. Mais en poursuivant la filiation kantienne, on peut également affirmer qu’il est, du point de vue moral et politique, réellement enthousiasmant. Il met en effet en scène tant la fragilité du destin humain que l’émotion de la libération. 

 

Reprenant la puissante formule mythique du Spartacus de Kubrick, il nous donne envie, spectateurs sensibles au scandale de la domination, de nous écrier à notre tour : « I’m Spartacus ! ».

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Thierry Ménissier - dans Positions
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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 08:02
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Thierry Ménissier
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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 06:24

vertige

 

 

 

« L’amour de la sagesse et l’amour de la bonté, s’ils se résolvent en activités consistant à philosopher et à faire le bien, ont ceci de commun qu’ils cessent immédiatement, qu’ils s’annulent, pour ainsi dire, dès que l’on admet qu’il est possible à l’homme d’être sage ou d’être bon. Les tentatives n’ont pas manqué pour faire exister ce qui ne peut survivre à l’instant de l’acte, elles ont toujours conduit à l’absurde. »

 

(Hannah Arendt, The Human Condition, § 10 « Le lieu des activités humaines »)

 


L’exercice du philosopher, comme la vie éthique, nous obligent à ne pas nous stabiliser dans une posture, mais nous conduisent à adopter une forme de déséquilibre vers l’avant.


Cette observation concerne d’autres activités importantes. Pareillement, en effet, l’expérience de la beauté ne saurait être continue, car il serait absurde de se dire une fois pour toutes « je vis dans le beau ».


Et de même pour la relation amoureuse : ce qu’on nomme improprement état amoureux n’est que la suite des émotions bouleversantes que m’impose la présence de l’autre dans mon existence, que je le veuille ou non (et cela, d’ailleurs, tout le monde le sait : la plénitude amoureuse est une forme de la souffrance).

 

Nous, humains, habitons le temps de la recherche ; dès que nous sommes authentiques nous sommes voués à l’inquiétude. Ces formules ne seraient que pur truisme, s'il ne fallait, en conséquence, concevoir toute l'audace dont est capable l'humanité à la lumière de l'humilité nécessairement induite par le fait que nous habitons un espace-temps de l'entre-deux. Toutefois, il est heureux - pour les individus capables de l'accepter - que cette considération conduise à une forme différente de respiration.

 

(en vignette : photo du film Vertige d'Abel Ferry)

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Thierry Ménissier - dans Positions
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