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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 14:59

Pour information, ce séminaire aura lieu tous les jeudis de 14 à 16 h. 

                                                                                          

 

DEPARTEMENT DE PHILOSOPHIE

Université Pierre Mendès France - Grenoble 2

UFR Sciences Humaines / Département de philosophie

MASTER 2 RECHERCHE DE PHILOSOPHIE

Année universitaire 2014-2015 / 1er semestre

 

UE 15 Philosophie générale

5 ECTS – coefficient 2

Thierry MENISSIER

La Liberté 

 

Ce séminaire de recherche en philosophie générale est consacré au concept de liberté : il s’agit plus particulièrement de prendre acte de la raréfaction de cette notion dans le lexique philosophique contemporain, au profit par exemple de celles d’émancipation, de reconnaissance, de consentement et d’autonomie. Cette raréfaction prépare-t-elle sa disparition ? Il ne s’agit ni de se réjouir de cette possible disparition ni de la déplorer, mais de l’interroger et d’essayer de la comprendre. Justement, qu’est-ce qui est susceptible de l’expliquer ? Le dépassement de la conception métaphysique de la philosophie, qui implique que ce qu’on entendait par « liberté » n’est plus référé à un idéal mais au rapport entre une norme et une capacité d’action ? Une transformation des rapports sociaux dans le sens d’une plus grande expression des subjectivités et, paradoxalement, une explosion (et non un amoindrissement) des possibles ? L’exténuation du désir sous l’effet du marketing généralisé et de la sur-stimulation dans la « société de consommation » ? La suprématie du paradigme hégélien dans la philosophie morale et politique contemporaine ?

Ces interrogations concernent des champs très variés, mais toutes relèvent de la philosophie pratique, entendue comme un exercice visant la conscience réfléchie que l’être humain tente d’avoir de son action, dans la généralité de celle-ci.

On se propose au cours du séminaire de procéder sur trois plans destinés à stimuler la recherche :

  1. Revenir sur les pas du dernier grand courant philosophique qui a investi le concept de liberté (dans le contexte de la crise de l’idée philosophique de subjectivité), à avoir l’existentialisme (en particulier chez Kierkegaard, Heidegger, Arendt, Sartre et Camus), afin d’en décliner certaines versions contemporaines (Sloterdijk) et se demander si notre époque n’est pas désormais vouée à un existentialisme sans engagement ni liberté.
  2. Examiner le rapport entre le désir et le marché, dans le cadre de l’analyse de la « société de consommation » en accordant à la notion de consommation une certaine valeur anthropologique, à l’aide notamment des théories du désir mimétique (René Girard) et en se demandant jusqu’où il est possible de stimuler le désir sans l’exténuer.
  3. Observer des expériences vécues mettant en relation le corps, la pensée et les possibles, et engageant l’analyse philosophique des notions d’invention, de création et d’improvisation  (à l’aide des thèses de Bergson et de Montaigne).

 

Bibliographie (quelques ouvrages qui seront utilisés lors du séminaire) : 

  1. Existentialisme :

Arendt, Hannah, Condition de l’homme moderne, trad. G. Fradier, Paris, Pocket, 1994.

ARENDT, Hannah, La Crise de la culture. Huit essais de pensée politique, trad. sous la direction de P. Lévy, Paris, Gallimard, 1972 ; rééd. « Folio », 1989.

CAMUS, Albert, Le Mythe de Sisyphe, Paris, Gallimard, 1942, nombreuses rééditions.

HEIDEGGER, Martin, Être et temps, trad. F. Vézin, Paris, Gallimard, 1986.

SARTRE, Jean-Paul, L’Être et le néant, Paris, Gallimard,

Sloterdijk, Peter, Tu dois changer ta vie. De l’anthropotechnique, Paris, Libella-Maren Sell, 2011.

 

  1. Désir, consommation, « société de consommation » :  

DUFOUR, Dany-Robert, Le Divin marché, Denoël, 2007, Folio, 2012 ; L'individu qui vient… après le libéralisme, Denoël, 2011.

GIRARD, René, Mensonge romantique et vérité romanesque, 1961, Hachette Littératures, nombreuses rééditions.

PAQUOT, Thierry, « De la « société de consommation » et de ses détracteurs », Mouvements 2/ 2008 (n° 54), p. 54-64, accessible à l’adresse : http://www.cairn.info/revue-mouvements-2008-2-page-54.htm

STIEGLER, Bernard, De la misère symbolique, tome 1 : L'Époque hyperindustrielle, Paris, Editions Galilée, 2004 ; tome 2 : La Catastrophe du sensible, Paris, Editions Galilée, 2005.

 

  1. Corps, créativité, improvisation et possibles :

BERGSON, Henri, Essai sur les données immédiates de la conscience, 1889, Paris, PUF, nombreuses rééditions ; L’Evolution créatrice, 1907, Paris, PUF, nombreuses rééditions.

MONTAIGNE, Michel de, Essais, de préférence dans l’édition de 1595 sous la direction de J. Céard, Paris, L.G.F, 2001.

 

 

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Thierry Ménissier - dans Séminaires
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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 06:16

Université Pierre Mendès France – Grenoble 2 / UFR Sciences Humaines / Département de philosophie / Master 1ère année

Séminaire de Philosophie politique (UE 4), année universitaire 2013-2014, 1er semestre

Les jeudis matins de 10 à 12 h, Domaine Universitaire, 1281, avenue Centrale, 38400 Saint-Martin d'Hères, Salle BSHM P2

Pr. Thierry Ménissier : Philosophie politique des mondes émergents

 

séance 9 : jeudi 21 novembre 2013

Intervention d'Enzo Lesourt

Diplômé de l'IEP Grenoble et doctorant en philosophie

 

Faire durer la cité

Accumuler ou évacuer, quel itinéraire pour les émotions collectives ?

 

 

 

Présentation générale

 

L'objectif général de ma recherche est de montrer en quoi l'écologie politique fait innover la théorie politique moderne. Cette dernière s'était en effet donné pour objectif de faire durer la cité contre une menace d’effondrement bien précise : les guerres civiles idéologiques, ou guerres de religion (XVIe-XVIIIe siècles). Deux siècles plus tard, le système de valeurs qu'elle a mis en place se révèle être incapable de remédier à une nouvelle menace d'effondrement (pire encore, elle la provoque), dû cette fois à la catastrophe environnementale. Bien plus qu'une simple « politique de l'environnement », l'écologie politique semble donc être le courant de pensée qui va tenter de reformuler la question sur laquelle la modernité n'a cessé de buter, pour ensuite proposer une nouvelle réponse : que faire des énergies excédantes (tant collectives qu'individuelles)? Faut-il les accumuler, ou bien les évacuer ? Quel est le meilleur itinéraire pour faire durer notre société, et la préserver dans le même temps des guerres civiles et des catastrophes environnementales ?

 

 

Résumé de l'exposé

 

« L'organisme vivant, dans la situation que déterminent les jeux de l’énergie à la surface du globe, reçoit en principe plus d'énergie qu'il n'est nécessaire au maintien de la vie : l'énergie (la richesse) excédante peut être utilisée à la croissance d'un système (par exemple d'un organisme) ; si le système ne peut plus croître, ou si l'excédent ne peut en entier être absorbé dans sa croissance, il faut nécessairement le perdre sans profit, le dépenser, volontiers ou non, glorieusement ou sinon de façon catastrophique ».

 (G. Bataille, La part maudite, Editions de Minuit, 2011, Paris, p. 49).

 

Appliqué à la société, cette thèse de Bataille invite à un retournement des catégories et des valeurs qui portent la théorie politique moderne. Que devient l'économie politique lorsque, initialement indexée sur la lutte contre la rareté, elle repose sur l'évacuation de l'excédent ? Que devient la psychologie lorsque, initialement indexée sur les intérêts et le calcul rationnel, elle repose les forces du thumos, cette « partie débordante » de l'âme déjà décrite par Platon dans La République ? Une telle reconfiguration des valeurs, tant collectives qu'individuelles, aura pour conséquence d'offrir un itinéraire moral nouveau aux comportements et aux émotions des individus qui composent notre société. A l'heure où le risque de catastrophes environnementales nous invite à mettre en cause les fondements de notre modèle de société, il va s'agir ici de voir si une tel retournement (passer de l'accumulation à l'évacuation) va dans le sens d'une plus grande durabilité politique ou bien si, au contraire, elle œuvre à précipiter notre cité vers l'effondrement.

 

Bibliographie

Bataille George, La part maudite, précédé de la notion de dépense, Les éditions de minuit, 2011, Paris.

Fukuyama Francis, La fin de l'histoire et le dernier homme, Flammarion, 1992, Paris.

Girard René, La violence et le sacré, éditions Bernard Grasset, 1972, Paris.

Girard René, Achever Clausewitz, Flammarion, 2011, Paris.

Platon, La République, Flammarion, 2002, Paris.

Sloterdijk Peter, Colère et temps, Essai politico psychologique, Méta-éditions, 2007, Paris.

Tainter Joseph, The collapse of Complex Societies, Cambridge University Press, 1988, Cambridge.

La Journée des Tuiles (par Alexandre Debelle), le 7 juin 1788 à Grenoble. Quelle économie politique pour les passions contemporaines ?

La Journée des Tuiles (par Alexandre Debelle), le 7 juin 1788 à Grenoble. Quelle économie politique pour les passions contemporaines ?

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 05:10

Université Pierre Mendès France – Grenoble 2 / UFR Sciences Humaines / Département de philosophie / Master 1ère année

Séminaire de Philosophie politique (UE 4), année universitaire 2013-2014, 1er semestre

Les jeudis matins de 10 à 12 h, Domaine Universitaire, 1281, avenue Centrale, 38400 Saint-Martin d'Hères, Salle BSHM P2

Pr. Thierry Ménissier : Philosophie politique des mondes émergents

 

Jeudi 14 novembre

Intervention de Thomas Jesuha (agrégé de philosophie)

« Le néolibéralisme et le libertarisme,

positions de référence de l’hyperindividualisme contemporain ? »

 

 

Résumé

 

Nous essaierons de nous étonner – afin de la questionner – à propos d’une puissante tendance actuelle qui semble lier de manière intime développement technologique et expression du désir individuel. Le problème sera de nous demander si notre adhésion grandissante à un modèle individualiste des choix de vie est à mettre au compte d’une structure passagère (et indésirable ?) des rapports économiques (capitalisme) ou bien à celui d’une véritable révolution de notre subjectivité : l’homme augmenté sera-t-il nécessairement homo liberalis ou bien reconnaîtra-t-il la prééminence de certaines règles sur son désir ?

 

 

 

Bibliographie

 

De Lagasnerie, R., La dernière leçon de Michel Foucault, Paris, Fayard, 2012

Goffette, J., Naissance de l’anthropotechnie, Paris, Vrin, 2006

Hottois, G. Essais de philosophie bioéthique et biopolitique, Paris, Vrin, 1999

Lordon, F., La société des affects : Pour un structuralisme des passions, Paris, Seuil, 2013

Sloterdijk, P., Règles pour le parc humain, Paris, Fayard, 2010

 

 

 

Recherches en cours

 

Hannah Arendt a formulé un sévère diagnostic de l’expérience que fait l’homme d’être dans un monde : l’époque moderne, avec son arsenal de nouvelles sciences et techniques et armée d’une nouvelle philosophie sceptique, a inauguré une ère du doute dans laquelle l’histoire et la nature cessent de nous présenter une objectivité rassurante : désormais, l’homme est techniquement capable de bouleverser – apparemment sans limites – son environnement et sa propre nature biologique.

Ainsi caractérisé par une forme d’anomie, le monde contemporain semble donc plus que jamais ouvert à l’expression absolue des désirs individuels : d’abord vouées à stimuler le développement capitaliste, les technologies se mettent un peu plus chaque jour au service d’une demande privée qui, fait nouveau, n’émane plus d’un besoin thérapeutique mais d’un désir d’amélioration et de performance (prothèses, psychotropes, chirurgie esthétique, eugénisme, intelligence artificielle…)

Dès lors, comment intégrer l’idée d’une régulation collective (Étatique ou communautaire ?) de processus qui, semble-t-il, relèvent d’un modelage strictement individuel ? Comment relever le défi arendtien qui nous enjoint à repenser la possibilité d’un monde commun malgré ou avec l’émergence de l’homme augmenté ? Ou encore, doit-on s’en tenir à l’idée d’un rejet pur et simple de l’intervention étatique qui accompagne l’appropriation individuelle des technologies ?

 

L'athlète Oscar Pistorius...un départ vers quelles réalités ?

L'athlète Oscar Pistorius...un départ vers quelles réalités ?

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 06:57

Université Pierre Mendès France – Grenoble 2 / UFR Sciences Humaines / Département de philosophie / Master 1ère année

Séminaire de Philosophie politique (UE 4), année universitaire 2013-2014, 1er semestre

Bâtiment ARSH (Domaine Universitaire, 1281, avenue Centrale, 38400 Saint-Martin d'Hères), Salle à déterminer

Pr. Thierry Ménissier : Philosophie politique des mondes émergents

Séance 7 : jeudi 7 novembre, 10 - 12 h

 

Intervention de Claude Siegni,

 

Professeur des Lycées d'Enseignement Général  /  IPR de philosophie (Cameroun), doctorant en philosophie au Centre Atlantique de Philosophie (EA 2163), Université de Nantes

 

« Biotechnologie, nature humaine et société postindustrielle»

 

A partir de l’impact des biotechnologies sur l’homme dans son intimité ontologique et son horizon sociétal postindustriel, il s’agira d’examiner quelques conditions de possibilités de sa liberté.

    

  • Adorno (Francesco Paolo), Le Désir d’une vie illimitée. Anthropologie et biopolitique, Paris, Kimé, 2012.

 

  • Fukuyama (Francis), La Fin de l’homme. Les conséquences de la révolution biotechnique, trad. D.-A. Canal, Paris, Gallimard, « Folio Actuel », 2002.

 

  • Fukuyama (Francis), Le grand bouleversement. La nature humaine et la reconstruction de l’ordre social, trad. D.-A. Canal, Paris, La Table Ronde, 2003.

 

  • Lardic (Jean-Marie), Durand (Guillaume) et alii, L’éthique clinique et les normes, Nantes, Éditions Nouvelles Cécile Defaut, 2013. 

 

  • Ménissier (Thierry), « Contamination et libre responsabilité : une réflexion biopolitique à partir de la pandémie grippale de l'hiver 2009 », in Adam (Véronique) & Revol-Marzouk (Lise), La Contamination. Lieux symboliques et espaces imaginaires, Paris, Classiques-Garnier, 2012, p. 241-257. 
Biotechnologie, nature humaine et société postindustrielle
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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 11:38

Demain jeudi 24 octobre 2013, dans le cadre du séminaire de philosophie politique de M1 (UPMF, Département de Philosophie)

 

Intervention de Thomas Boccon-Gibod

 

"Evaluer les institutions gouvernementales :

l’exigence démocratique face aux règles instituées"

 

Université Pierre Mendès France - Grenoble 2, campus de Saint-Martin d'Hères, Salle P2 du BSHM, 10 - 12 h

 

Résumé de l'intervention :

Dans cet exposé, on se propose de développer une réflexion critique sur la notion de sciences de gouvernement, dans le but de formuler une conception véritablement démocratique de l’exercice du pouvoir, à la fois réaliste (affranchie de considérations normatives sur la démocratie) et critique (qui ne relève pas d’une conception technocratique de la politique). Pour ce faire, un détour par l’œuvre de F.A. Hayek permettra, dans un premier temps, de clarifier à la fois les enjeux et les données du problème : quelles sont les conditions de possibilité, à la fois épistémiques et pratiques, d’une société qui garantit la liberté des individus ? La critique des solutions hayekiennes, en particulier l’articulation cruciale qu’il propose de la sphère des échanges marchands et des autres institutions sociales et politiques, et par voie de conséquence la mise en évidence d’une disjonction persistante entre les niveaux étatiques et globaux de l’action gouvernementale, permettront, a contrario, de comprendre dans un second temps les difficultés pratiques auxquelles sont confrontés à l’heure actuelle, non seulement la pensée politique dominante, mais aussi, très concrètement, les dispositifs gouvernementaux contemporains.

 

Thomas Boccon-Gibod, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, est agrégé et docteur en philosophie.

Il est notamment l'auteur en 2011 d'une thèse remarquée, dirigée par le Pr. Robert Damien et soutenue à l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, intitulée "Les Principes démocratiques de l'autorité. Fondements et modalités de l'exercice du pouvoir dans les sociétés contemporaines". Cette thèse a reçu en 2012 le Prix Richelieu en lettres et sciences humaines de la chancellerie des universités de Paris.

Il a également publié un article, "La tragédie, entre art et politique. Schmitt, Benjamin, Foucault", Raisons Politiques, n°31-2008, accessible ici :

http://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2008-3-page-135.htm

 

Bibliographie préparatoire :

  • Deneault (Alain), Gouvernance. Le management totalitaire, Montréal, Lux Editeur, 2013.
  • Graz (Jean-Christophe), La Gouvernance de la mondialisation, Paris, La Découverte, 2013. 
  • Kazancigil (Ali), La Gouvernance. Pour ou contre le politique ?, Paris, Armand Colin, 2010.
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Thierry Ménissier - dans Séminaires
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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 05:06

La séance du séminaire "Philosophie politique des mondes émergents" de demain, jeudi 17 octobre, portera sur la thématique

 

Sociétés de haute technologie, politique de la science 

et gouvernement des experts

 

Nos sociétés ont mis en oeuvre le programme rationaliste conçu par les Modernes. "Développées", elles apparaissent fortement influencées par les découvertes de la science et par les inventions technologiques. Cela se traduit notamment par l'importance de la dimension industrielle, qui, sous des formes variées, fait culminer la forme instrumentale du rationalisme : l'industrialisme est le rationalisme devenu forme de vie.

 

Il faut ajouter que ces sociétés sont désormais orientées par la haute technologie, ce qui ajoute des modalités nouvelles souvent peu pensées. Dans ce contexte, on réfléchira aux effets de ces facteurs sur la société politique d'aujourd'hui et de demain, en discutant notamment l'hypothèse que nous sommes entrés plus ou moins définitivement sous le gouvernement des experts.

 

Séance ouverte par Anne Perrin, directrice de recherche / biologie, doctorante en philosophie politique

 

Bibliographie :

  • Beck (Ulrich), La Société du risque. Sur la voie d’une autre modernité (1986), trad. L. Bernardi, préface Bruno Latour, Paris, Flammarion, 2001.
  • Dupuy (Jean-Pierre), Pour un catastrophisme éclairé. Quand l’impossible devient certain, Paris, Editions du Seuil, 2002.
  • Estlund (David), L’autorité de la démocratie. Une perspective philosophique (2008), trad. Y. Meinard, Paris, Hermann, 2011.
  • Ewald (François), Gollier (Christian) & Sadeleer (Nicolas), Le Principe de précaution, Paris, PUF, QSJ ?, 2008.
  • Grison (Denis), Qu’est-ce que le principe de précaution ?, Paris, Vrin, 2012.
  • Jonas (Hans), Le Principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique (1979), trad. J. Greisch, Paris, Editions du Cerf, 1997.
  • Séris (Jean-Pierre), La Technique, Paris, PUF, 1994.
  • Simondon (Gilbert), Du Mode d'existence des objets techniques (1958), Paris, Aubier, 2012.
Sociétés de haute technologie, politique de la science et gouvernement des experts
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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 05:36

Du fait de la réunion de rentrée de l'équipe de recherche "Philosophie, Langages & Cognition" ce jeudi, la prochaine séance du séminaire aura lieu le jeudi 10 octobre.

 

Elle portera sur le thème

Guerre, conflictualité, violence : quelle signification politique des « états de violence » contemporains ?

 

Bibliographie de la séance :

  • Agamben (Giorgio), Homo sacer. Le pouvoir souverain et la vie nue (1995), trad. M. Raiola, Paris, Editions du Seuil, 1997 ; Etat d’exception. Homo sacer, II.1 (2003), trad. J. Gayraud, Paris, Editions du Seuil, 2003.
  • Benjamin (Walter), « Critique de la violence » (1921), trad. M. de Gandillac revue par R. Rochlitz, in Œuvres, tome I, Paris, Gallimard, Folio Essais, 2000, p. 210-243.
  • Chamayou (Grégoire), Théorie du drone, Paris, Editions La Fabrique, 2013.
  • Gros (Frédéric), Etats de violence. Essai sur la fin de la guerre, Paris, Gallimard, 2006.
  • Laroche (Josepha), La Brutalisation du monde. Du retrait des Etats à la décivilisation, Montréal, Editions Liber, 2012.
  • Nadeau (Christian) & Saada (Julie), Guerre juste, guerre injuste. Histoire, théories et critiques, Paris, PUF, « Philosophies », 2009.
  • Jeangène Vilmer (Jean-Baptiste), La Guerre au nom de l'humanité : tuer ou laisser mourir, préface de Hubert Védrine, Paris, PUF, 2012.
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Thierry Ménissier - dans Séminaires
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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 08:42

Ce texte constitue le synopsis de la première session de mon séminaire :

 

Université Pierre Mendès France – Grenoble 2 / UFR Sciences Humaines / Département de philosophie / Master 1ère année

Séminaire de Philosophie politique (UE 4), année universitaire 2013-2014, 1er semestre

Les jeudis matins de 10 à 12 h, Bâtiment ARSH (Domaine Universitaire, 1281, avenue Centrale, 38400 Saint-Martin d'Hères), Salle P2 du BSHM

Pr. Thierry Ménissier : Philosophie politique des mondes émergents

Séance 1 : Jeudi 19 septembre 2013

 

Introduction : Objectifs et méthode du séminaire

 

Dans cette introduction nous voulons à la fois caractériser rapidement la philosophie politique, et indiquer quelles sont les finalités et la méthode que nous poursuivrons ce semestre.

 

La philosophie politique est le produit d’une longue histoire, et, depuis son invention qu’on peut dater de la parution de La République de Platon, son évolution a reposé sur un dialogue toute en tensions entre la vie de la pensée et l’activité de la cité – tensions qui ont longtemps pesé sur le destin personnel des philosophes, menacés par la cité ou mis en danger par leur engagement politique (Socrate, Spinoza). La philosophie politique contemporaine vise quant à elle à penser le monde qui s’est progressivement mis en place sous l’effet du mouvement de fond impulsé par la modernité ou par le « modernisme » (depuis le XVIIème siècle et la puissante machine imaginée et promue par Thomas Hobbes avec son Léviathan).

 

Ce monde a vu l’émergence et connaît maintenant l’affirmation (bientôt mondiale ?) de la démocratie. Ce régime était honni par les Anciens, et si un philosophe athénien déambulant sur l’agora nous demandait, inquiet des évolutions de l’histoire : « ce que vous, contemporains héritiers des modernes, appelez démocratie, mais quel genre de régime est-ce ? », nous pourrions lui répondre en dissociant les deux sens du mont « régime » : institutions et modes de vie. Pour le premier aspect, nous pourrions rassurer notre interlocuteur – le type d’institutions qui s’est imposé avec la modernité, qu’a-t-il de démocratique ?, puisqu’il n’est même pas la démocratie indirecte. Inachevée, telle apparaît au mieux la démocratie (selon l’expression de Pierre Rosanvallon dans un de ses ouvrages historiques consacré à l’émergence de notre société politique). En réalité, il faut plutôt parler du « gouvernement représentatif » évoqué par Bernard Manin (1996), dont le ressort n’est autre que le vieux principe aristocratique de l’élection, ce mode de reconnaissance de la distinction personnelle (qui induit par conséquent une forme d’inégalité entre les prétendants à la fonction élue).

 

Quant au régime des mœurs démocratiques, c’est sans doute à ce niveau que réside la véritable différence entre les conceptions anciennes et modernes-contemporaines : sur la plan de l’anthropologie – s’agit-il des effets de la démocratisation, ou de la réalisation de ses soubassements anthropologiques ?, toujours est-il que la modernité a provoqué la transformation de l’homme et de son monde, et favorisé l’émergence lente d’un type de rapport humain et social fondamentalement original. Tout se passe, pour reprendre les termes de Pierre Manent dans son essai sur Tocqueville (1993) comme si « l’homme démocratique » était apparu et avait imposé sa vision du monde. Cette vision est conditionnée par le primat du désir d’égalité sur la revendication de la liberté ; d’où des conduites dominées par l’affect si particulier que Tocqueville appelle « l’envie » (et qui constitue de nos jours un ressort puissant du marketing).

 

Dans ce contexte particulier s’est développée une forme de rapport social basé sur l’individualisme. Un contexte dans lequel il faut regarder la variété des points de vue non seulement comme un fait démocratique majeur, mais encore comme un principe de la société démocratique. La démocratie consacre la « pluralité des conceptions du bien » (Mesure & Renaut, 2002).

 

Cela posé, quel est plus exactement l’héritage de la modernité dans la période contemporaine ? Vaste question, que nous avons réfléchie en proposant un répertoire des catégories politiques fondamentales de la modernité (Ménissier, 2005). Ici, on mettra deux points seulement en exergue.

 

  1. Ainsi qu’on l’a dit plus haut, la notion de modernité traduit un certain style philosophique qui, sur le plan des idées politiques, se confond avec le projet du Léviathan, véritable monument marquant l’apparition d’une façon nouvelle d’envisager l’association politique entre les hommes. Pour le résumer en quelques phrases, cet ambitieux projet vise à concevoir et à favoriser la création de l’Etat, et poursuit l’objectif de légitimer l’encadrement de la société par ce dernier, en fonction de la rationalisation des conduites individuelles. Hobbes entreprend par son livre de faire consentir les individus eux-mêmes à leur propre soumission à l’Etat, à partir d’une prise de conscience de leur situation naturellement dramatique : la peur de la mort qui découle de cette situation est issue d’une contradiction initialement indépassable entre les désirs bruts de tous les hommes. Telle est la thèse de la « guerre de tous contre tous » : le caractère illimité des désirs humains se voit, dans la situation de base de l’humanité (pré-civile), confrontée à la rareté des biens à désirer, d’où une situation menaçante et insoutenable. Cela provoque, estime le philosophe de Malmesbury, l’émergence de la raison et la volonté de contractualiser en abandonnant une part de son « droit de nature ». L’Etat, s’il est nécessairement coercitif, s’en trouve justifié : originellement « Léviathan » est (avec Béhémoth) un monstre dont la monstration permet à Yahvé, selon le Livre de Job de l’Ancien Testament, d’indiquer à Job qu’il est tout-puissant et que la souffrance humaine, au bout du compte, a un sens. Le Léviathan de Hobbes est porteur de la même promesse, mais sécularisée : la toute-puissance de ce vaste corps – un corps-machine, qui relève d’une tératologie de l’artifice – garantit le salut des corps et des âmes des citoyens-sujets (le frontispice du Léviathan est à ce propos tout à fait éloquent, voir la gravure réalisée par Abraham Bosse sur la commande de Hobbes).

 

  1. Le dilemme des deux (ou quatre) libertés a structuré notre rapport à la liberté. On entend par là la distinction entre a) liberté des Anciens/modernes (Benjamin Constant, 1819), et b) liberté positive/négative (Isaiah Berlin, 1958). Distinctions cardinales : elles constituent l’assise conceptuelle qui a préparé la structuration de notre polarisation politique entre « droite » et « gauche ». Notre univers mental s’est littéralement trouvé latéralisé par ces distinctions survenues en des époques cruciales de tension et de combat politique, et qui, pendant des dizaines d’années, nous ont permis de reconnaître notre droite de notre gauche !

 

Que reste-t-il du style moderne ? Les promesses de l’Etat Léviathan, que valent-elles aujourd’hui ? Comment adhérer encore au dilemme des deux libertés ? Ne représente-t-il pas un « lit de Procuste » (image mythologique pour : un canevas mutilant) pour nos pratiques courantes ? Il faut faire l’hypothèse – c’est ce qu’on fera de manière systématique dans ce séminaire – que l’héritage moderne ne permet plus à l’activité politique contemporaine de s’identifier exactement, ni de se comprendre avec la précision qui est nécessaire.

 

Cette hypothèse, nous l’avons exposée ailleurs (Ménissier, 2011), c’est celle de la « folklorisation » des catégories politiques héritées – folklorisées, les catégories politiques continuent à s’appliquer, on les utilise encore, elles ne sont ni totalement périmées ni vraiment obsolètes, pourtant elles sont largement dépassées et nombreuses sont nos pratiques nouvelles (nouvelles depuis un certain temps déjà pour certaines !) qui ne correspondent plus à ces catégories. A cet égard, notre situation actuelle, pour la pensée politique, m’apparaît comme celle dont parle Thomas Kuhn dans La Structure des révolutions scientifiques, lorsqu’un paradigme scientifique ne correspond plus à ce qu’on observe dans la réalité. Mais justement, on ne sait pas ce qu’on observe, car les catégories nouvelles font défaut. Dans le séminaire, nous voulons à la fois alimenter et dépasser cette hypothèse : nourrir l’observation avec ce qu’on observe, si surprenant et nouveau soit-il, créer des catégories nouvelles, qui permettront de comprendre le monde et d’y agir.

 

Il apparaît nécessaire d’aller plus loin que le simple constat de la « folklorisation » des catégories modernes héritées ; il s’agit de repenser la situation humaine dans ses postures de référence. Nous nous inscrivons ici dans la perspective du projet philosophique d’Hannah Arendt (Arendt, 1958 et 1963), dans lequel il s’agissait de penser les postures existentielles de référence de l’humanité (le travail, l’œuvre et l’action : Arendt, 1958), et par suite d’interroger la signification de l’agir politique (Arendt, 1963) ? Quelles sont les activités de référence de l’humanité aujourd’hui ? Et quel peut dans ce contexte être le sens actuel de l’expression « agir politiquement », expression que la modernité à la suite de Hobbes a surinvestie au point de vouloir qu’elle se substitue à cette autre : « croire en Dieu afin de sauver l’humanité » ?

 

Nous voulons donc nourrir la description des activités humaines ; cela revient à admettre que la philosophie politique relève de l’éthologie, hypothèse qu’on trouve déjà chez Aristote et que Diamond (2000) a récemment développée dans le cadre d’une théorie évolutionniste que nous garderons à l’esprit : il est particulièrement intéressant de supposer que la philosophie politique constitue une branche de la science des comportements animaux, la branche qui regarde les comportement à la fois humains, collectifs et intentionnels.

 

Nous admettrons de plus deux postulats :

  1. La « participation » constitue une revendication historiquement permanente / un invariant, et elle correspond à une disposition anthropologique majeure, ainsi que l’a remarquablement montré Joëlle Zask (Zask, 2011). En partant des thèses de John Dewey et du pragmatisme US, Zask établit que les trois moments de la participation politique sont « Prendre part », « contribuer », « bénéficier ». Ainsi comprise, la participation renvoie à ce que disent les théories de la reconnaissance à propos de la constitution de l’humanité. Lorsque, dans une organisation humaine, l’individu est convié à participer, il devient littéralement un humain complet. Interdir à une personne de participer à la vie de l’organisation dont il est membre n’est pas seulement le signe de l’autoritarisme voire du despotisme, c’est entreprendre de mutiler l’humanité des personnes ! En ce sens, la démocratie – malgré ses immenses imperfections ! –  constitue quelque chose d’important pour le développement humain.
  2. Nous voulons ajouter à ce point le soupçon typique de la philosophie contemporaine, en convoquant une analyse en termes résolument postmodernes que nous trouvons dans l’œuvre de Peter Sloterdijk (2000 et 2003). La provocation que nous adresse avec fougue le philosophe de Karlsruhe revient à dire que beaucoup de choses qui nous perturbent viennent de fait que nous avons déjà vécu la fin d’une époque, la fin de notre époque : la modernité, époque qui fut particulièrement audacieuse, au point sans doute de se montrer arrogante. A présent il revient à la philosophie politique de penser l’humanité dans sa dynamique historique selon sa plus ample durée (Sloterdijk reconstitue dans son livre de 2003 les trois phases de la préhistoire, de l’histoire, et de la posthistoire de la politique moderne. Il nous permet de comprendre ce qu’a signifié pour la modernité le mot de « politique » en regard de ce qu’a été la « paléopolitique » ; il nous demande si aujourd’hui notre régime et nos mœurs démocratiques ne correspondent pas, pour le meilleur et pour le pire, à un mode de vie définitivement postpolitique. Si tel est le cas, quelles conséquences, pour le meilleur et pour le pire ?

 

 

 

 

 

Bibliographie de la séance :

  • Arendt (Hannah), Condition de l’homme moderne (1958), trad. G. Fradier, Paris, Pocket, 1994 ; Essai sur la révolution (1963), trad.  M. Berrane et J.-F. Hel-Guedj, Paris, Gallimard, « Folio Essais », 2012.
  • Diamond (Jared), Le troisième chimpanzé. Essai sur l’évolution et l’avenir de l’animal humain (1992), trad. M. Blanc, Paris, Gallimard, Folio Essais, 2000.
  • Manin (Bernard), Principes du gouvernement représentatif, Paris, Flammarion, « Champs », 1996.
  • Manent (Pierre), Tocqueville et la nature de la démocratie, Paris, Gallimard, 1993.
  • Ménissier (Thierry), Eléments de philosophie politique, Paris, Ellipses, 2005 ; La Liberté des contemporains. Pourquoi il faut rénover la République, Grenoble, PUG, 2011.
  • Mesure (Sylvie) & Renaut (Alain), Alter ego. Les paradoxes de l'identité démocratique, Paris, Flammarion, « Champs », 2002 .
  • Sloterdijk (Peter), Dans le même bateau. Essai sur l’hyperpolitique (1993), trad. par P. Deshusse, Paris, Payot & Rivages, 1997, Rivages Poches / Petite Bibliothèque, 2003 ; Règles pour le parc humain. Une lettre en réponse à la Lettre sur l’humanisme de Heidegger (1999), trad. O. Mannoni, Paris, Mille et une nuits, 2000.
  • Zask (Joëlle), Participer. Essai sur les formes démocratiques de la participation, Lormont, Le Bord de l’eau, 2011.
Penser de la même manière que le lézard se déplace. Totalement immobile lorsqu'il s'agit de se chauffer au soleil du concept. Se déplacer à la vitesse de l'éclair pour changer d'angle de vue. Redevenir parfaitement concentré...

Penser de la même manière que le lézard se déplace. Totalement immobile lorsqu'il s'agit de se chauffer au soleil du concept. Se déplacer à la vitesse de l'éclair pour changer d'angle de vue. Redevenir parfaitement concentré...

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Thierry Ménissier - dans Séminaires
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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 11:25

Annonce :

Séminaire de philosophie politique, Master de philosophie UPMF – Grenoble 2, année académique 2013-2014, 1er semestre

J’ai le plaisir d'informer de l'ouverture de ce séminaire à partir de la rentrée de septembre au Département de philosophie (UFR Sciences Humaines) de l’Université Pierre Mendès France. Il se tiendra au bâtiment ARSH le jeudi de 10 à 12 h. Ce séminaire est inscrit dans la maquette du master de philosophie (parcours recherche), cependant l’entrée est libre dans la limite des places disponibles ; il est également possible de s’y inscrire en formation continue afin de valider des crédits ECTS.

 

Les jeudis matins de 10 à 12 h, Bâtiment ARSH (Domaine Universitaire, 1281, avenue Centrale, 38400 Saint-Martin d'Hères), Salle P2 du BSHM

Séance 1 : Jeudi 19 septembre 2013

 

Présentation :

 

Ce séminaire de vise à (1) appréhender philosophiquement les changements en cours dans la sphère politique ; (2) esquisser une théorie politique adaptée à notre monde, en conformité avec les subjectivités et les communautés qui y évoluent. Qu’on le veuille ou non, le contexte qui est le nôtre est celui de la globalisation et de la gouvernance, de l’émergence des villes-mondes et de la nécessité de défendre l’environnement, des crises permanentes du capitalisme et de sa capacité à renaître indéfiniment de ses cendres, de l’expansion mondiale du modèle des sociétés de haute technologie (même dans les pays en voie de développement ce modèle est devenu une sorte de référence), de l’émergence du biopouvoir et de formes très originales et presque invisibles de contrôle des individus comme des populations. Par suite, il faut faire l’hypothèse que les concepts politiques hérités de la modernité (XVII-XVIIIèmes siècles) sont en partie périmés et conduits à se redéfinir en profondeur ; or, ces concepts sont cardinaux, tels que : autonomie et consentement, peuple et nation, gouvernement représentatif, république et liberté, propriété privée et travail, industrialisme, progressisme et révolution. Les nouveaux concepts avec lesquelles la théorie politique doit composer sont la société de l’information et l’interconnexion, l’innovation technologique et le développement durable, l’« Empire » et la « zoopôlis », le « capitalisme cognitif » et « l’économie de l’attention », les « tiers-lieux » et le « coworking ». C’est probablement le statut même de la vie socio-politique et de la notion d’institution qu’il convient aujourd’hui de repenser ; le séminaire se donne ainsi pour tâche de contribuer à penser « la liberté des contemporains ».

 

Bibliographie (quelques ouvrages qui seront utilisés lors du séminaire) :  

Adorno, Francesco Paolo, Le Désir d’une vie illimitée. Anthropologie et biopolitique, Paris, Kimé, 2012.

Andrieu, Bernard, Les Avatars du corps. Une hybridation somatechnique, Montréal, Liber, 2011.

Arendt, Hannah, Condition de l’homme moderne, trad. G. Fradier, Paris, Pocket, 1994.

Chardel, Pierre-Antoine, & Rockhill, Gabriel (dir.), Technologies de contrôle dans la mondialisation. Enjeux politiques, éthiques et esthétiques, Paris, Kimé, 2009.

Foucault, Michel, Sécurité, territoire, population. Cours au Collège de France 1977-1978, Paris, Gallimard/Le Seuil, 2004 ; Naissance de la biopolitique, Paris, Gallimard/Le Seuil, 2004.

Hache, Emilie (dir.), Ecologie politique. Cosmos, communautés, milieux, Paris, Editions Amsterdam, 2012.

Ménissier, Thierry, La Liberté des contemporains. Pourquoi il faut rénover la République, Grenoble, PUG, 2011.

Negri, Antonio, Empire, trad. D.-A. Canal, Paris, Exils, 2000 ; Multitude : guerre et démocratie à l'époque de l'Empire, trad. D.-A. Canal, Paris, La Découverte, 2004.

Sloterdijk, Peter, Dans le même bateau. Essai sur l’hyperpolitique, trad. par P. Deshusse, Paris, Payot & Rivages, 2003 ; Tu dois changer ta vie. De l’anthropotechnique, Paris, Libella-Maren Sell, 2011.

Stiegler, Bernard, Economie de l’hypermatériel et psychopouvoir. Entretiens avec Philippe Petit et Vincent Bontems, Paris, Mille et Une nuits, 2008.

 

Une illustration possible choisie à propos de l'émergence de nouvelles mobilités : Solar Impulse, le crépuscule de l'ancien monde ?

Une illustration possible choisie à propos de l'émergence de nouvelles mobilités : Solar Impulse, le crépuscule de l'ancien monde ?

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Thierry Ménissier - dans Séminaires
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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 04:19
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